Énergie : le Maroc veut éviter la panne sèche
Afin de sécuriser ses réserves énergétiques, le Maroc prévoit d’augmenter sa capacité de stockage d’hydrocarbures de près de 50 % d’ici 2030. Un plan d’investissement massif de 550 millions d’euros est prévu pour étendre et redéployer ces infrastructures stratégiques.
La ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a dévoilé lundi devant la Chambre des représentants les nouvelles ambitions du Royaume. À partir de 2026, le Maroc compte ajouter 1,5 million de mètres cubes à sa capacité de stockage actuelle (qui s’élevait à 3,2 millions en 2025). Cette décision vient consolider un secteur dont les investissements ont déjà bondi de 30 % au cours des trois dernières années.
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Pour répondre aux besoins nationaux, le gouvernement s’appuie notamment sur l’exploitation des réservoirs de la raffinerie SAMIR à Mohammedia, à l’arrêt depuis 2015. Si les stocks actuels de gasoil (51 jours de réserves) et d’essence (55 jours) sont jugés suffisants, les efforts se concentreront sur des secteurs en tension : le gaz butane et le carburant d’aviation, avec des capacités supplémentaires respectives de 400 000 et 100 000 mètres cubes prévues d’ici 2030.
Ce plan vise également à rééquilibrer la cartographie des réserves, aujourd’hui concentrées à 80 % sur les axes Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan. Le futur mégaport Nador West Med, dont la mise en service est programmée pour le dernier trimestre de cette année, jouera un rôle clé en devenant un nouveau pôle stratégique dédié aux hydrocarbures et au stockage de gaz naturel.
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Ce renforcement logistique intervient dans un contexte de forte dépendance, le Maroc important encore près de 94 % de son énergie. Parallèlement à la sécurisation de ses approvisionnements fossiles, le Royaume poursuit sa transition écologique : sa capacité installée en énergies renouvelables a atteint 45 % en 2025, avec l’objectif affiché de franchir le cap des 52 % d’énergie propre d’ici 2030.