Stations-service à sec au Maroc : le gouvernement rassure, les Marocains s’alarment
Alors que des ruptures d’approvisionnement en carburant sont signalées dans plusieurs villes marocaines, le gouvernement a tenté jeudi de dissiper les craintes de pénurie. Le ministère de la Transition énergétique attribue ces perturbations aux mauvaises conditions météorologiques qui empêchent le déchargement des navires, tout en assurant disposer de stocks suffisants.
Les automobilistes marocains font face à des pompes à sec. Depuis quelques jours, des difficultés d’approvisionnement sont observées dans plusieurs stations-service du pays, alimentant l’inquiétude sur les réseaux sociaux. La Fédération Nationale des Propriétaires, Commerçants et Gérants de Stations-Service a confirmé l’existence de ces interruptions, sans toutefois en préciser l’ampleur exacte.
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Face à cette situation, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a publié un communiqué se voulant rassurant. Les autorités expliquent que la forte houle et les vents violents qui frappent le littoral ont contraint les principaux ports d’entrée (Mohammedia, Tanger Med, Jorf Lasfar) à réduire ou suspendre leurs activités, retardant le déchargement des navires pétroliers.
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Selon les chiffres officiels, le stock national de produits pétroliers à terre s’élève actuellement à plus de 617 000 tonnes. Le ministère précise par ailleurs qu’un volume supplémentaire d’un million de tonnes se trouve à bord de navires en attente d’une amélioration de la météo pour accoster. Une cellule de veille a été activée pour suivre la situation, et certaines stations situées dans des zones inondées ont été fermées préventivement par sécurité.
Ces explications ne convainquent pas totalement les syndicats du secteur. El Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat National du Pétrole et du Gaz, pointe du doigt la question des stocks stratégiques. « Si les distributeurs importent des cargaisons toutes les deux semaines, où sont les 60 jours de stocks promis par le Ministère ? », s’interroge-t-il, soulignant la fragilité du système face aux aléas climatiques malgré la réglementation en vigueur.