Au Maroc, nourrir un chien errant pourrait coûter cher
Le projet de loi sur les animaux errants inquiète les défenseurs des animaux au Maroc. Ils redoutent que nourrir, soigner ou héberger des chiens et chats de rue dans l’espace public puisse exposer des citoyens et bénévoles à des sanctions.
Le débat sur les animaux errants n’est pas refermé au Maroc. Après son adoption par la Chambre des représentants le 29 juin 2026, puis par la Chambre des conseillers le 7 juillet, le projet de loi 19.25 attend désormais sa publication au Bulletin officiel.
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Mais plusieurs associations restent inquiètes. Le point le plus sensible concerne les personnes qui viennent en aide aux animaux de rue. Le texte pourrait, selon ses détracteurs, pénaliser des citoyens, bénévoles ou associations qui nourrissent, soignent ou abritent des chiens et chats dans l’espace public.
Dans un communiqué, SPA du Maroc estime que le projet de loi reste insuffisant pour garantir une véritable protection des animaux et apporter une réponse durable aux enjeux de santé publique.
L’association regrette notamment l’absence d’une interdiction claire de tuer les chiens et chats. Elle critique aussi l’absence d’obligation nationale de recourir aux programmes de capture, stérilisation, vaccination et retour dans l’environnement d’origine.
Les bénévoles en première ligne
Pour les défenseurs des animaux, la gestion des chiens et chats de rue ne peut pas reposer seulement sur des sanctions. Ils plaident pour une stratégie fondée sur la prévention, la stérilisation, la vaccination, l’identification des animaux et la responsabilisation des propriétaires.
La SPA défend de son côté un projet alternatif de loi-cadre composé de 80 articles. Ce texte prévoit notamment la reconnaissance des animaux comme des êtres sensibles, l’interdiction de tuer les chiens et chats, la généralisation des programmes de stérilisation et la protection des citoyens engagés dans la protection animale.
L’association réclame aussi la création de centres publics de protection animale dans chaque commune. Pour elle, cette approche permettrait de protéger les habitants sans criminaliser ceux qui aident les animaux au quotidien.
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Le projet de loi est donc sur le point d’entrer dans sa dernière étape institutionnelle, mais la controverse demeure. Au cœur du débat : la place réservée aux bénévoles et aux Marocains qui nourrissent ou soignent déjà les animaux errants dans les rues.