Le Maroc pêche 66 % de sardines en plus, mais les boîtes se font rares en Belgique
Les supermarchés belges peinent à répondre à l’engouement pour les sardines en conserve. Plusieurs enseignes signalent des ruptures, tandis que les ventes battent des records. Le Maroc, fournisseur majeur du marché européen, connaît pourtant un rebond spectaculaire de ses captures en 2026.
Chez Colruyt, certaines boîtes de sardines ont disparu des rayons. Le distributeur belge reconnaît des ruptures sur plusieurs références de sa marque propre. Même constat chez Intermarché, qui prévient que les difficultés d’approvisionnement pourraient se prolonger jusqu’en 2027.
Sur Bladi.net : Le Maroc garde ses sardines, les rayons allemands se vident
Cette pénurie accompagne une véritable explosion de la demande. Selon une enquête du quotidien belge Le Soir, Carrefour a enregistré une hausse de 30 % de ses ventes, dont 60 % pour ses marques de distributeur. Delhaize affiche une progression de 16,4 % en volume.
À l’échelle nationale, les ventes de sardines en conserve ont bondi de plus de 28 % en nombre de boîtes sur un an, selon les données NielsenIQ citées par le fabricant Imperial. La marque portugaise Cocagne avait déjà atteint fin septembre son volume de ventes de toute l’année 2025.
Les réseaux sociaux participent à cet engouement. Sur TikTok et Instagram, les sardines sont devenues populaires auprès des jeunes consommateurs, séduits notamment par leurs qualités nutritionnelles.
Au Maroc, les captures repartent mais les conserveries restent sous pression
Le Maroc occupe une place centrale dans cette crise d’approvisionnement. Selon l’Observatoire européen des marchés des produits de la pêche, le Royaume demeure le principal fournisseur de sardines de l’Union européenne parmi les pays extérieurs au marché communautaire.
Le paradoxe est frappant : après plusieurs années difficiles, les débarquements marocains ont progressé de 66 % entre janvier et août 2026, atteignant 394 200 tonnes contre 237 800 un an auparavant, selon les chiffres officiels.
Mais les conserveries ne profitent pas pleinement de cette reprise. D’après l’Union nationale des industries de la conserve de poisson, les apports destinés aux usines ont diminué de 32 %. Une proportion croissante des sardines capturées serait trop petite pour être mise en boîte.
Les fabricants européens se tournent davantage vers le Portugal, où les stocks se sont redressés. Les volumes portugais restent cependant insuffisants pour compenser les difficultés d’approvisionnement marocaines.
Pour les consommateurs belges, une nouvelle conséquence se profile. Raf de Smet, spécialiste du poisson chez l’importateur Charlier-Brabo Group, prévoit une nouvelle hausse des prix des conserves dès janvier 2027, après les augmentations déjà observées cette année.