Maroc : en prison pour avoir mangé durant le ramadan
Un jeune homme a été placé en détention provisoire à Rabat après son interpellation pour rupture publique du jeûne durant le Ramadan. Il est également poursuivi pour consommation de stupéfiants et menaces proférées à l’encontre des services de police.
L’interpellation est survenue après que le suspect a semé l’inquiétude dans un quartier populaire de la capitale, menaçant de commettre un acte criminel. À l’arrivée des agents, l’individu a été pris d’une crise d’hystérie, adoptant une attitude agressive et menaçant de s’en prendre à lui-même. Selon le quotidien Assabah, le parquet a retenu quatre délits : rupture publique du jeûne, consommation de stupéfiants, injures publiques et menaces de crime.
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Le code pénal marocain prévoit des sanctions strictes pour ce type d’infraction. Le texte stipule que « celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois ». Les autorités ont constaté que le suspect mangeait en plein jour tout en insultant la patrouille.
Lors de son interrogatoire, l’intéressé a reconnu les faits consignés dans un procès-verbal officiel « qu’il a signé de son plein gré ». Il a également dénoncé son fournisseur de drogue, déclenchant une procédure de recherche. Présenté devant le juge des flagrants délits, le prévenu a affirmé souffrir de problèmes de santé l’empêchant de jeûner, tout en reconnaissant sa confession musulmane et ses conditions sociales difficiles.
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Le tribunal a ordonné son transfert à la prison d’El Arjat 2 dans l’attente de son procès, reporté à jeudi prochain pour permettre la préparation de sa défense. Malgré ses justifications médicales, le parquet a motivé sa détention par la gravité des actes, incluant les menaces de meurtre sur la voie publique et l’usage de substances illicites.