Au Maroc, le sol monte à 50 °C, la végétation fait chuter la température de plus de 5 °C
À Errachidia, la proximité immédiate d’une zone densément végétalisée peut faire baisser de plus de 5 °C la température des surfaces. Une nouvelle étude scientifique mesure précisément jusqu’où s’étend cet effet rafraîchissant dans cette ville présaharienne particulièrement exposée à la chaleur.
Publiée le 8 août dans la revue Discover Cities, l’étude menée par Rachid Ouachoua et Hamid Benssi s’appuie sur des images satellites Landsat 8 et Sentinel-2 pour cartographier la chaleur et la végétation à Errachidia.
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Pour la journée du 6 juillet 2023, les températures de surface mesurées allaient de 33,8 à 50,1 °C, avec une moyenne urbaine de 45,3 °C. Il s’agit bien de la température du sol et des surfaces, et non de celle de l’air.
À moins de 25 mètres d’une zone densément végétalisée, la température moyenne de surface était de 40,5 °C, soit 5,39 °C de moins que dans la zone de référence située entre 400 et 500 mètres.
L’effet disparaît rapidement avec la distance
Le bénéfice diminue fortement en s’éloignant des espaces verts. L’écart tombe à 2,79 °C entre 25 et 50 mètres, puis à 1,61 °C entre 50 et 100 mètres. Au-delà de 100 à 150 mètres, il devient inférieur à 1 °C.
L’étude confirme également que les sols nus sont les plus exposés : leur température moyenne de surface atteint 47,2 °C. Une grande partie de la zone urbaine étudiée se situe ainsi dans les catégories de risque thermique élevé à très élevé définies par les chercheurs.
Les auteurs précisent que les 5,39 °C ne constituent pas une règle valable partout. L’effet dépend notamment de la densité de la végétation, de l’irrigation, de la configuration urbaine et des conditions météorologiques. Les mesures portent aussi sur une journée estivale précise.
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Pour Errachidia, la conclusion reste nette : rapprocher les espaces végétalisés des secteurs les plus exposés peut réduire sensiblement la chaleur des surfaces. Dans un contexte de rareté de l’eau, les chercheurs recommandent de privilégier des espèces résistantes à la sécheresse, notamment le palmier-dattier, le tamaris et l’acacia.