Le Maroc dans la tourmente financière internationale

- 19h26 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le Maroc dans la tourmente financière internationale. Tel a été le thème du séminaire organisé par BMCE Capital, jeudi 29 mai. Cette manifestation, qui a connu une affluence record, a été animée par Koceila Maames, responsable marché de capitaux pour l’Afrique du Nord chez Calyon (filiale du Crédit Agricole).

Les analystes de Calyon s’interrogent sur une éventuelle fin de la crise du dollar. Même si les risques d’une nouvelle chute de billet vert ne sont pas totalement écartés, ils considèrent que le dollar est sous-évalué contre la plupart des devises contrairement à l’euro, qu’ils jugent surévalué. De fait, pour eux le dollar resterait sous pression sur le court terme. A fin juin, le rapport euro/dollar ira jusqu’à 1,60.

Néanmoins, les analystes de Calyon anticipent une réaction positive du dollar. Cela se justifie, selon eux, par le fort potentiel qui caractérise la croissance américaine. De plus, ils estiment que la carotte fiscale devrait commencer à fournir ses fruits à partir du troisième trimestre.

Pour rappel, l’Etat américain avait accordé 100 milliards de DH de réduction fiscale. Par ailleurs, ces mêmes analystes anticipent une baisse des taux de la Banque centrale européenne d’ici la fin de l’année. A l’inverse, l’euro corrigerait à la baisse puisque, pour Calyon, l’économie européenne finira par être affectée par l’appréciation « significative et durable » de l’euro. Autre raison avancée, le différentiel de croissance et de taux d’intérêt devrait devenir, de façon progressive, moins favorable aux USA. Et le Maroc dans tout cela ? Avec un régime de change moins flexible (comparativement au dinar tunisien et à la livre égyptienne), la devise marocaine s’est moins « ajustée » aux fluctuations des devises internationales. De plus, « l’érosion du dollar signifie une baisse de la compétitivité en termes de prix des exportations comparé aux pays voisins », estime Maames. Celle-ci est illustrée par l’évolution comparée des taux de change effectifs réels.

Cela pose la question sur la dévaluation du dirham. Est-ce le bon moment pour le faire ? Pour les analystes de Calyon, le timing n’est pas favorable. Car, la flambée du pétrole et des matières premières ainsi que les incertitudes sur la croissance en sont les principales raisons. « Avec une facture pétrolière de près de 15% des importations, un dirham plus faible creuserait davantage le déficit commercial, mais aussi budgétaire », souligne Maames.

Cependant, le Maroc possède quelques marges pour attendre le bon timing. En effet, malgré cet environnement difficile, les équilibres internes et externes demeurent sous contrôle (balances budgétaire et courante). S’ajoute à cela, la progression régulière des revenus en devises (tourisme, exportations et transfert de MRE) qui a favorisé une hausse des réserves de change à des niveaux confortables. A partir de là, « l’intégration commerciale et financière croissante du Maroc à l’économie mondiale nécessitera une plus grande libéralisation de son compte de capital, y compris une flexibilisation du régime de change », affirme Maames. Et d’ajouter, « la consolidation du cadre monétaire, le renforcement des équilibres macroéconomiques et une libéralisation bien séquencée du compte de capital seront des étapes préalables ».

Source : L’Economiste - M. A. B.

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