Maroc : une ouverture américaine contestée

- 10h03 - Maroc - Ecrit par :

Les négociations entre le Maroc et les Etats-Unis en vue d’un accord de libre-échange, dont l’ouverture est prévue mardi à Washington, ont fait l’objet d’une début de polémique qui en révéle les prolongements économiques et géopolitiques dans le dossier euro-méditerranéen.

Le "premier round" de ces discussions commerciales entre le Maroc et les Etats-Unis s’ouvrira en présence de trente négociateurs marocains, pilotés par le ministère des Affaires étrangères, et doivent durer quatre jours, selon des informations publiées à Rabat.

Des groupes de travail spécialisés ont été constitués pour les divers secteurs concernés comme pour des questions de coopération douanière ou de législation sociale, avait indiqué Taïeb Fassi-Fihri, ministre délégué marocain aux Affaires étrangères, chargé de ces négociations par le roi Mohammed VI.

Ces préparatifs ont suscité une réaction publique de forme peu diplomatique du ministre délégué français au Commerce extérieur, François Loos. De passage à Rabat le 14 janvier, le ministre a déclaré qu’un accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis serait "incompatible" avec l’approfondissement des relations économiques entre le royaume et l’Union européenne.

M. Loos, qui achevait une visite de travail de deux jours au Maroc, a indiqué à la presse avoir mis en garde à ce sujet ses interlocuteurs marocains. "On peut discuter de tout, mais on ne peut viser deux choses qui ne sont pas compatibles", a-t-il dit.

Critiqués dans la presse marocaine dès le lendemain, ces propos ont été perçus comme "une admonestation unilatérale" qui serait "tombée comme un couperet". Le ministre français, a assuré notamment le journal Le Matin, "a jeté le trouble au sein de l’administration et des opérateurs marocains".

La presse hebdomadaire marocaine a relevé les aspects géostratégiques de ce début de polémique. Le "conflit d’influence opposant l’Union Européenne aux Etats-Unis, et ayant pour enjeu l’économie marocaine, est cette fois ouvertement déclaré", écrit notamment Tel Quel (indépendant).

"Côté marocain, ajoute cet hebdomadaire, il est évident qu’on joue sur les deux tableaux". "Il ne s’agit pas seulement d’économie, mais aussi (et peut-être surtout) de politique", poursuit Tel Quel, estimant que l’Amérique est "à la veille d’une guerre à laquelle elle voudrait bien associer le Maroc".

Le Journal Hebdomadaire souligne de son côté le projet maroco-américain met à mal la démarche de l’Union européenne qui vise à constituer "un bloc régional euro-méditerranéen dans un contexte de mondialisation régionalisée ou s’affrontent blocs américain, asiatique et européen".

Les relations très conflictuelles du Maroc avec l’Espagne, son voisin européen le plus proche, où s’éternisent des sujets de discorde tant politiques qu’économiques, contribuent à la séduction des sirènes américaines.

Le recours à la médiation des Etats-Unis dans la crise de l’îlot Leile/Perejil en aôut 2002, lorsque l’armée espagnole avait délogé les soldats marocains installés sur ce rocher inhabité de la côte méditerranéene, avait révélé la difficulté pour l’Union européenne d’intervenir utilement dans des conflits où les intérêts de l’un de ses membres sont en jeu.

De fréquentes "tournées maghrébines" de responsables politiques et économiques venus de Washington entretiennent à Rabat l’idée d’une véritable alternative américaine pour les relations extérieures du pays, qui restent essentiellement tournées vers l’Europe.

L’Union européenne compte pour les deux tiers environ des échanges extérieurs du Maroc, étant pour 2001 à l’origine de 56% de ses importations et destinataire de 74% de ses exportations constituées essentiellement de phosphates, de textiles et de produits agricoles.

Les Etats-Unis ne se plaçaient, en 2001, qu’en position de sixième client du Maroc avec 4,1% du total de ses ventes et en huitième fournisseur avec 3,7% de ses importations.

Le total des échanges du Maroc avec les Etats-Unis ne représentait en 2001 qu’un peu moins de 750 millions d’euros contre plus 12 milliards d’euros pour les pays de l’Union européenne.

AFP

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