Le Maroc veut moins de cash, les commerçants posent leurs conditions
Le Maroc accélère sur le paiement électronique, avec une baisse des frais prévue à partir du 1er octobre 2026. Mais les petits commerçants réclament des terminaux gratuits, de la formation et une transition progressive.
Le Maroc veut réduire la place du cash, mais les commerçants de proximité ne veulent pas avancer seuls dans cette transition. Après la décision de Bank Al-Maghrib et du Conseil de la concurrence de plafonner et réduire les frais du paiement électronique à partir du 1er octobre 2026, les représentants des commerçants demandent des garanties.
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La principale revendication concerne les terminaux de paiement. La Fédération nationale des commerçants et professionnels réclame la gratuité des appareils et des moyens de paiement électronique, afin d’encourager les petits commerces à accepter davantage les paiements par carte.
Son représentant estime que les commerçants ont aussi besoin de formation, d’accompagnement et de sensibilisation pour s’adapter aux nouveaux outils numériques, rapporte Hespress. Selon lui, les banques et les institutions concernées doivent prendre en charge une partie du coût de cette transition, puisque la baisse du cash sert d’abord l’économie nationale.
Les petits commerces redoutent les frais
Les commerçants pointent surtout le poids des commissions, parfois comprises entre 1 % et 3 %. Dans les secteurs à très faible marge, comme le tabac, ces frais peuvent absorber une partie importante du bénéfice. Autre difficulté soulevée : le délai d’encaissement, qui peut atteindre trois jours avec certaines cartes internationales.
La crainte du contrôle fiscal reste aussi présente. Mais les professionnels reconnaissent que la généralisation du paiement électronique devient difficile à éviter, notamment avec les grands événements internationaux que le Maroc s’apprête à accueillir, dont le Mondial 2030.
Pour l’économiste Omar Bako, l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs est positive, mais elle ne suffira pas. Le changement des habitudes de paiement demande du temps, des incitations et une phase de transition. Il plaide pour une approche progressive : des facilités au départ, puis des frais adaptés permettant de couvrir les coûts réels du service.
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Pour les commerçants, le message est donc clair : ils ne refusent pas la carte bancaire, mais demandent que l’État, les banques et Bank Al-Maghrib accompagnent le mouvement. Sans terminaux accessibles, formation et période d’adaptation, la réduction du cash risque de rester plus lente que prévu.