Le Maroc a vu les failles d’une France moins intouchable

- 10h00 - Sport - Ecrit par : Sébastien A.

La France a rejoint les quarts de finale du Mondial, mais sa victoire contre le Paraguay a laissé apparaître plusieurs signes de fragilité. Avant d’affronter le Maroc, les Bleus ont gagné sans vraiment convaincre, grâce à un penalty de Kylian Mbappé et à l’impact du banc.

La France a célébré sa qualification avec rage, comme une équipe sortie d’un combat plus que d’un simple match. Après la victoire face au Paraguay, Kylian Mbappé a résumé l’état d’esprit des Bleus : « Nous savions quel type de match nous allions avoir. Mais nous savons nous salir les mains. »

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Le capitaine français avait raison sur un point : le Paraguay a rendu la soirée pénible. Bloc bas, duels, interruptions, pression permanente sur le porteur du ballon. Mais derrière ce récit du combat, il y a aussi une réalité plus intéressante pour le Maroc : la France a montré ses limites les plus nettes depuis le début du Mondial.

Les Bleus n’ont pas cadré le moindre tir avant la 55e minute. Leur volume offensif a été faible, leur rythme irrégulier et leurs attaquants rarement capables de déséquilibrer le bloc paraguayen. Ousmane Dembélé et Bradley Barcola ont eu du mal à peser. Même Michael Olise, souvent précieux entre les lignes, n’a pas réussi à trouver les décalages habituels.

Didier Deschamps n’a pas nié la difficulté. « C’était un match difficile », a reconnu le sélectionneur, tout en estimant qu’il était bon pour ses joueurs d’être confrontés à une opposition plus dure après des rencontres jusque-là plus faciles.

Un avertissement utile pour le Maroc

Pour le Maroc, ce match offre des enseignements. La France reste évidemment dangereuse, mais elle n’a pas paru intouchable lorsqu’elle a été privée d’espace et contrainte à jouer contre un bloc compact. Le Paraguay a défendu à cinq, avec un milieu resserré devant sa défense, et les Bleus ont longtemps manqué de vitesse dans les transitions.

La chaleur de Philadelphie, avec des températures proches de 38 °C, a aussi pesé. Mais elle n’explique pas tout. La France a semblé dépendre de ses individualités, notamment de Mbappé, pour forcer la décision dans un match fermé.

La solution est finalement venue du banc. Entré en seconde période, Désiré Doué a apporté ce que les titulaires n’avaient pas réussi à produire : de la percussion, de la vitesse et une capacité à provoquer la faute dans la surface. Son slalom a obligé Gustavo Gómez à intervenir maladroitement. Après recours à la VAR, Mbappé a transformé le penalty de la qualification.

C’est peut-être la vraie force française : même dans un soir moyen, même sans maîtrise collective totale, les Bleus peuvent gagner sur un moment. Ils n’ont pas brillé, mais ils n’ont pas concédé d’occasions majeures non plus. Ils savent survivre à un match rugueux, puis frapper quand une fenêtre s’ouvre.

Le Maroc devra donc éviter deux lectures trop simples. La première serait de croire que cette France est fragile au point d’être prenable facilement. La seconde serait de penser qu’elle est injouable. Le Paraguay a montré qu’un plan discipliné peut l’étouffer. Mais la France a rappelé qu’elle possède assez de talents pour gagner même quand son match lui échappe.

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À Boston, jeudi, les Lions de l’Atlas auront face à eux une équipe prévenue, mais aussi moins invincible qu’elle n’en avait l’air. Le Maroc a vu les failles. Reste à savoir s’il pourra les exploiter sans offrir aux Bleus ces fameux moments dont ils se nourrissent si bien.