Ce Marocain travaille tout l’été pour payer ses études en France : même 2 000 euros ne suffisent plus
À 18 ans, Yassine renonce à rentrer au Maroc cet été. Il travaille dans un dépôt à Toulouse pour économiser environ 2 000 euros. Une somme devenue insuffisante face au durcissement des conditions financières imposées aux étudiants étrangers en France.
Manutentionnaire dans un dépôt de poids lourds, le jeune Marocain soulève des colis pouvant atteindre 50 kilos pour 60 euros la journée. Arrivé en France en 2025 et inscrit en classe préparatoire intégrée dans une école d’ingénieurs, il espère mettre de côté environ 2 000 euros en travaillant pendant les deux mois d’été, raconte-t-il au Monde.
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« Je travaille tout l’été au lieu de rentrer au Maroc voir mes parents », explique-t-il. Mais les droits d’inscription des étudiants non européens peuvent désormais atteindre 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 178 et 254 euros pour les étudiants français et européens.
Les Marocains sont les premiers concernés : plus de 42 000 étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français en 2024-2025, faisant du Maroc le premier pays d’origine des étudiants étrangers en France.
Les exonérations vont fortement diminuer
Jusqu’ici, les universités avaient largement neutralisé ces tarifs grâce aux exonérations. En 2024-2025, 90 % des 111 500 étudiants concernés en bénéficiaient encore totalement ou partiellement. Un décret publié le 19 mai prévoit désormais de ramener cette proportion à 30 % en 2026, 25 % en 2027 et 20 % en 2028.
Amina Bentayeb, une Marocaine de Fès admise à Aix-Marseille Université, pensait bénéficier d’une exonération de 75 %. Elle a appris en juillet qu’elle devrait finalement payer la totalité. « J’avais construit tout mon projet autour de cette exonération. Aujourd’hui, je me demande si je vais pouvoir continuer », confie-t-elle.
Yassine bénéficie encore d’une exonération partielle grâce à ses résultats et paie environ 1 200 euros par an. Mais son budget est aussi touché par la suppression des APL pour certains étudiants étrangers. À Lyon, Ibrahim, Marocain de 19 ans, vient ainsi de perdre 200 euros mensuels d’aide au logement alors que son loyer atteint 600 euros hors charges.
Certains commencent donc à regarder ailleurs. Yassine envisage l’Allemagne, où vit son frère et où il estime les études moins coûteuses. Ibrahim constate lui aussi que, dans son entourage, « au Maroc, on commence à délaisser la France ».
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Pour l’instant, les candidatures marocaines pour 2026-2027 progressent encore de 8 %, avec un taux d’admission de 41 %. Mais elles avaient été déposées avant l’annonce des nouvelles mesures. Leur véritable impact sur l’attractivité de la France auprès des étudiants marocains reste donc à mesurer.