La France ferme un peu plus la porte aux étudiants étrangers
Le gouvernement français prévoit d’augmenter massivement les frais universitaires pour les étudiants extracommunautaires en appliquant strictement la réforme de 2019. Cette décision provoque déjà la colère des syndicats étudiants qui dénoncent une mesure précarisante et discriminatoire.
Les étudiants hors Union européenne devront bientôt débourser 2 895 euros annuels pour une licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros au lieu de 254 euros en master. Cette stricte application des droits différenciés s’inscrit dans le nouveau plan d’attractivité « Choose France For Higher Education ». Interrogé par le quotidien Le Parisien, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, justifie ce retour aux principes fondamentaux de la loi face à des règles jusqu’ici contournées par des dérogations massives.
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Cette nouvelle tarification correspond, selon le ministre, à seulement 30 % du coût réel de la formation. Elle sera instaurée progressivement sans affecter les étudiants dont le cycle est déjà entamé. L’objectif est de dégager environ 250 millions d’euros par an pour les universités d’ici trois ans. Ces dernières conserveront un quota d’exonération limité à 10 %, tandis que 60 % des bourses viseront désormais à orienter ces profils vers des filières stratégiques comme l’intelligence artificielle, le numérique, le quantique ou les biotechnologies.
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Ces annonces ont immédiatement déclenché l’ire des organisations représentatives, prêtes à se mobiliser. Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, fustige une décision « dangereuse » ciblant une population plongée dans « une précarité extrême ». L’Unef, par la voix de sa secrétaire générale Manon Moret, redoute que la fin des exonérations condamne des milliers de jeunes « à la misère » et promet un bras de fer. L’Union étudiante va encore plus loin en dénonçant ouvertement « une attaque raciste du gouvernement ».