France : les étudiants étrangers piégés

- 17h00 - France - Ecrit par : J.K

Face à la précarité et aux contraintes administratives, de nombreux étudiants étrangers en France basculent dans le travail non déclaré. Entre exploitation et menaces d’expulsion, le cas de Leila, étudiante marocaine, illustre ce piège de l’économie souterraine.

Selon une enquête de Le Monde, un étudiant international sur six peine à couvrir ses besoins essentiels. Contrairement à leurs camarades français, ces jeunes n’ont souvent pas accès à l’assurance-chômage ou aux bourses sur critères sociaux. Cette absence de filet de sécurité, couplée au plafond légal de travail de 964 heures par an, pousse certains vers le secteur informel pour survivre.

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Leila, étudiante marocaine de 30 ans, est l’un des visages de cette détresse. Arrivée en France en 2019 pour intégrer une école d’ingénieurs, elle a vu sa situation basculer lors de la pandémie de Covid-19. Après la perte de son emploi déclaré de fille au pair et une dette de 2 000 euros au Crous, elle a été expulsée de son logement. Pour sauver son titre de séjour, elle s’est réinscrite en licence d’informatique, s’épuisant dans une multitude de petits boulots.

L’engrenage s’est accéléré en février 2024, lorsque la préfecture a refusé le renouvellement de son titre de séjour pour « progression scolaire insuffisante ». Sans-papiers, Leila s’est retrouvée dans l’impossibilité de signer un contrat légal. « Avec mon passeport marocain, on ne me prenait pas. Il ne me restait que finir à la rue ou accepter le travail au noir », confie-t-elle. Elle a alors plongé dans une spirale d’exploitation extrême.

Sous la contrainte d’un employeur qui connaissait sa vulnérabilité, la jeune femme a travaillé jusqu’à soixante-dix heures par semaine pour un simple smic. Pour couvrir ses activités, son patron l’obligeait à utiliser une fausse identité et la logeait dans un studio de 10 mètres carrés. « Je me sentais comme une esclave », dénonce l’étudiante. Lorsqu’elle a fini par réclamer une réduction de son temps de travail, elle a été licenciée sur-le-champ.

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Aujourd’hui, Leila survit grâce à des missions précaires de ménage ou de garde d’enfants dénichées sur les réseaux sociaux. Elle refuse désormais de parler de sa situation administrative de peur d’être à nouveau exploitée. Son avenir en France reste suspendu à un second recours pour obtenir ses papiers, qu’elle qualifie de « dernier espoir » pour terminer ses études et sortir de la clandestinité.