Titres de séjour : des milliers d’étrangers plongés dans la précarité en France

- 19h00 - France - Ecrit par : J.K

Dans le sud de la France, associations et avocats dénoncent les graves défaillances de la préfecture des Bouches-du-Rhône. La dématérialisation forcée des démarches plonge des milliers d’étrangers dans une précarité extrême, les privant de leurs droits fondamentaux.

L’obtention ou le renouvellement d’une carte de séjour s’est transformé en un véritable parcours du combattant. Un large collectif de professionnels de l’accompagnement fustige une numérisation imposée, opérée sans la moindre concertation. Le téléservice est pointé du doigt comme étant « notoirement défaillant », rendant la prise de rendez-vous presque illusoire. La solution de secours informatique s’avère tout aussi inefficace, n’aboutissant que dans 1 à 2 % des tentatives menées par les professionnels.

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Les délais de délivrance explosent et, depuis novembre 2025, la prolongation des documents provisoires n’est plus assurée. Cette paralysie provoque des ruptures de droits immédiates : perte d’emploi, suspension des prestations chômage et coupure de la couverture santé. Des étudiants et des familles entières se retrouvent sans ressources, exposés au risque redoutable de tomber sous la coupe de marchands de sommeil ou de réseaux d’exploitation par le travail.

Face à ce chaos, l’administration fait la sourde oreille. Les demandes d’entrevue restent sans réponse et les préconisations de la Défenseure des Droits, qui suggérait d’automatiser le renouvellement des justificatifs de séjour, sont royalement ignorées. Conséquence directe : les tribunaux administratifs croulent sous les recours. Cette saturation rehausse le seuil d’exigence de la justice, empêchant de nombreux usagers de se défendre efficacement.

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Les acteurs associatifs s’alarment enfin d’une multiplication des opérations de contrôles basées sur des « profilages raciaux et discriminants », conduisant parfois des individus parfaitement en règle en centre de rétention. Pour sortir de cette impasse, les signataires exigent l’annulation des mesures d’éloignement découlant de ces bugs informatiques. Ils réclament surtout la réouverture urgente d’un guichet d’accueil physique quotidien, libéré de toute obligation de rendez-vous virtuel.