En France, on constate une "maltraitance administrative" des étrangers

- 13h00 - France - Ecrit par : S.A

Les associations défendant la cause des migrants sont mécontentes de la préfecture de Rouen. À l’origine de cette colère, les obstacles administratifs opposés aux sans-papiers qui réclament des titres de séjour.

Les associations défendant la cause des migrants sont en colère. Environ 70 militants et une dizaine de mineurs isolés ont manifesté vendredi 14 mars 2025 devant la préfecture de Rouen pour protester contre les obstacles administratifs opposés aux sans-papiers qui réclament des titres de séjour, rapporte Paris-Normandie. « On constate une maltraitance administrative des étrangers et on veut la dénoncer », déplore une responsable de RESF Rouen.

Selon les associations présentes, membres des États généraux de la migration, « les files d’attente physiques ont été remplacées par des files d’attente numériques », qui sont aussi lentes (voire davantage) et génératrices de sans-papiers. « Les personnes qui demandent un titre de séjour doivent attendre des rendez-vous qui au mieux surviennent 6 mois après leur demande, au pire 24 mois, avec des pertes de droits, des emplois qui ne sont plus possibles », précisent les associations.

Selon leurs explications, les étrangers éligibles à un titre de séjour sont soumis à un tel parcours du combattant administratif qu’ils perdent souvent leurs droits et sont frappés d’OQTF en raison de délais qu’ils ne parviennent pas à respecter vu la complexité de la procédure.

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Le problème est réel. « On accompagne les personnes pour des raisons médicales, détaille Franky, de l’association AIDES. Ces délais aggravent leurs pathologies, avec des délais de prise en charge beaucoup trop longs. La précarité, c’est le nid des épidémies ». « On vit nous aussi la maltraitance des jeunes migrants », déplore une représentante de la mission locale de Rouen.

Les mineurs isolés, rassemblés derrière leur banderole, crient leur détresse. Ils réclament l’arrêt des tests osseux pour déterminer leur âge, l’accès gratuit aux transports en commun et la fermeture des centres de rétention administrative. « Nous avons tous fui nos propres pays mais sommes ici mis à l’écart. Nous sommes en précarité et cela nous met en danger », déclarent quelques mineurs isolés.

Les associations et personnes sans papiers fustigent la loi Darmanin et la directive Retailleau qui restreignent le droit des étrangers à obtenir des titres de séjour.

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Approchée, la préfecture de Rouen explique : « Une délégation a été reçue en préfecture en fin de matinée. Outre quelques cas particuliers, il a été rappelé à cette occasion que les délais de traitement des demandes de titres de séjours sont conformes à ceux prévus par la réglementation. Dans les cas particuliers qui exigent un temps d’instruction plus long, les usagers ont la possibilité de solliciter la délivrance d’une Attestation de Prolongation d’Instruction qui permet aux personnes de conserver leurs droits. Enfin, les usagers ne disposant pas d’outils numériques peuvent prendre rendez-vous auprès du PAN (point d’accès numérique) en préfecture. »

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