Sans rendez-vous, sans papiers : le piège administratif qui frappe des milliers de Marocains en France

- 20h00 - France - Ecrit par : Bladi.net

Des milliers de Marocains en règle risquent de tout perdre à cause d’un simple écran d’ordinateur. L’impossibilité de prendre rendez-vous en préfecture menace directement leurs emplois et leurs familles, une situation que l’Association franco-marocaine des droits de l’Homme qualifie de stratégie délibérée fondée sur le mensonge.

Youssef El Idrissi El Hassani ne mâche pas ses mots face au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Pour le président de l’Association Franco-Marocaine Des Droits Humains, les explications fournies par les préfectures d’Île-de-France ne tiennent pas la route. L’administration invoque des pannes techniques pour justifier l’absence de créneaux, mais le responsable associatif dénonce des « mensonges » destinés à calmer la colère qui monte. Selon lui, cette barrière numérique bloque volontairement les intérêts de migrants qui paient leurs impôts et respectent la loi depuis des années.

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La mécanique décrite par l’association s’apparente à une descente aux enfers administrative. Dès qu’un titre de séjour expire, le compte à rebours s’enclenche : la loi n’offre que trois mois de protection. Une fois ce délai dépassé, le Code du travail contraint les employeurs à licencier le salarié sans papiers valides. Cette perte brutale de revenus déstabilise le foyer et provoque, selon les constats du terrain, des drames familiaux allant jusqu’au divorce.

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Face à cette « réalité amère », l’organisation accuse la France de bafouer ses propres engagements, citant l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme et la Déclaration universelle. Après avoir alerté vainement Emmanuel Macron et ses ministres, l’association s’apprête à changer de méthode. Elle promet d’intensifier la pression par des sit-in devant le Conseil des droits de l’Homme et partout en France pour stopper cette « hémorragie » de droits.