À la Sorbonne, les étudiants marocains devront payer dix fois plus
L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a fini par céder aux contraintes budgétaires en mettant fin à l’exonération des droits d’inscription. Ce vote impose une augmentation drastique aux étudiants marocains et extracommunautaires, dont les frais de scolarité seront multipliés par dix dès la prochaine rentrée.
L’accès à cet établissement prestigieux représentera un coût financier majeur pour les nouveaux arrivants non-européens. Le conseil d’administration a validé une nouvelle grille tarifaire qui fait bondir le prix de la licence de 178 à 2 895 euros. Pour le niveau master, l’augmentation est encore plus significative, passant de 254 à 3 941 euros. La direction de l’université affirme avoir pris cette décision à regret pour pallier un déséquilibre financier aggravé par les mesures de l’État.
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Cette réforme épargne certaines catégories, comme les ressortissants de l’Union européenne, les étudiants en exil ou ceux originaires des pays les moins avancés (PMA) tels que le Sénégal ou la République démocratique du Congo. En revanche, les étudiants venus du Maroc, d’Algérie ou de Tunisie ne bénéficient pas de cette exemption. N’étant pas classés parmi les populations les plus vulnérables selon les critères de l’ONU, ils devront s’acquitter du tarif plein.
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Cette décision suscite une vive opposition au sein du campus. Une centaine d’enseignants et de membres du personnel ont signé une tribune pour dénoncer ce qu’ils qualifient de mesures discriminatoires. Ils alertent sur le risque de voir l’université française se fermer aux étudiants internationaux, qui doivent déjà assumer des coûts élevés liés aux visas et au logement, dans un contexte où la suppression des Aides personnalisées au logement (APL) pour les étrangers est également en débat.