Un coup dur attend les étudiants marocains en France
La France supprime l’aide personnalisée au logement pour une grande partie des étudiants étrangers hors Union européenne. Les étudiants marocains, parmi les plus nombreux sur les campus français, risquent d’être particulièrement touchés par cette mesure qui alourdit le coût des études.
Le logement va devenir plus difficile à financer pour de nombreux étudiants marocains en France. Depuis le 1er juillet, les étudiants étrangers hors Union européenne ne peuvent plus bénéficier de l’aide personnalisée au logement s’ils ne sont pas boursiers sur critères sociaux.
Sur Bladi.net : France : un décret change les règles pour les étudiants marocains
La mesure, inscrite dans la loi de finances 2026 et promulguée le 28 juin, concerne près de 100 000 jeunes, selon les chiffres du ministère français du Logement cités par Jeune Afrique. Pour les étudiants les plus précaires, la perte peut représenter près de 200 euros par mois.
Les étudiants africains sont directement concernés. En 2024, 167 061 étudiants venus d’Afrique étaient inscrits dans un cursus en France, dont 89 603 originaires d’Afrique subsaharienne. Parmi les pays les plus représentés figurent le Maroc, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Pour les étudiants marocains non boursiers, la suppression de l’APL peut fragiliser des budgets déjà très serrés. Beaucoup dépendent d’un soutien familial, d’un petit emploi ou d’aides ponctuelles pour payer le loyer, les frais de scolarité, les transports et la vie quotidienne.
Une aide supprimée pour les non-boursiers
Jusqu’ici, l’APL permettait à de nombreux étudiants étrangers de réduire le coût de leur logement, notamment en résidence universitaire ou dans le parc privé. Sa suppression change l’équilibre financier de milliers de jeunes venus étudier en France.
Les syndicats étudiants et les associations de défense du droit au logement dénoncent une mesure discriminatoire. L’Unef, la Fage et le Gisti estiment que les étudiants concernés sont très souvent des jeunes modestes, alors même que les étudiants hors UE sont, dans la plupart des cas, exclus des bourses françaises du fait de leur nationalité.
La mesure intervient aussi dans un contexte plus large de durcissement pour les étudiants étrangers. À la rentrée 2026, les étudiants extra-européens devront également faire face à une hausse des frais de scolarité, ce qui risque d’accentuer encore la pression financière.
Un flou demeure toutefois pour les étudiants qui travaillent. Le décret publié au Journal officiel prévoit que les étudiants exerçant une activité professionnelle, ou engagés dans un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, peuvent rester éligibles à l’aide. Mais les associations redoutent une application variable selon les dossiers, faute de critères clairement définis.
Pour les étudiants marocains en France, l’enjeu est concret. Ceux qui ne disposent pas d’une bourse et ne peuvent pas compenser la perte de l’APL devront trouver de nouvelles ressources, réduire leurs dépenses ou multiplier les heures de travail, au risque de fragiliser leurs études.
Sur Bladi.net : La France perd les étudiants marocains
Cette décision risque aussi de peser sur l’attractivité de la France auprès des étudiants africains. Pour beaucoup de familles marocaines, envoyer un enfant poursuivre ses études en France représente déjà un effort financier important. La disparition de cette aide au logement rend ce projet encore plus coûteux.