Les Marocaines championnes de la contraception au Maghreb : les chiffres d’une étude française

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Une étude française révèle une baisse continue des naissances au Maghreb. Le taux de fécondité marocain touche un fond historique, accélérant le vieillissement de la population face à l’allongement des études et au recours massif à la contraception.

Le constat est sans appel. D’après une étude publiée ce mercredi par l’Institut national d’études démographiques, le nombre de naissances s’effondre de manière rapide et simultanée en Afrique du Nord. Le Maroc se distingue par une chute continue et progressive depuis les années 1990, sans jamais connaître les rebonds passagers observés en Algérie ou en Tunisie. Conséquence directe, le taux de fécondité marocain a touché un plancher inédit en 2024 avec seulement 1,97 enfant par femme. Une rupture vertigineuse par rapport aux années soixante-dix, où la moyenne régionale oscillait entre sept et huit enfants.

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Cette mutation profonde s’explique par des choix de vie qui évoluent. Les jeunes, et particulièrement les femmes, poursuivent leur scolarité plus longtemps et intègrent le marché du travail de façon plus tardive. Mais la véritable spécificité du Royaume réside dans le recours massif aux méthodes contraceptives. Aujourd’hui, 71 % des Marocaines mariées utilisent des contraceptifs. C’est nettement plus que chez leurs voisines algériennes et tunisiennes, où cette proportion stagne autour de 50 à 55 %, alors qu’elle atteignait 60 à 65 % au début des années 2000.

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Ce recul qualifié d’« historique » par les chercheurs redessine inévitablement la pyramide des âges et freine la croissance démographique globale. Si la région fait face à un vieillissement « stable sur le long terme », le phénomène reste pour l’instant légèrement plus modéré au Maroc. En 2024, la part des personnes âgées de soixante ans et plus s’y élève à 13,8 %, contre 17 % en Tunisie et 10,5 % en Algérie un an plus tôt. Toutefois, les experts préviennent que cette cadence de vieillissement va s’accélérer de manière automatique au cours des prochaines années.