Fin des familles nombreuses : Pourquoi 70 % des Marocaines mariées ne veulent plus d’autre enfant
Le rapport du HCP sur la famille marocaine révèle une évolution profonde des choix familiaux. Près de sept femmes mariées sur dix déclarent ne pas vouloir d’enfant supplémentaire, un phénomène particulièrement marqué dans les familles nucléaires.
Au Maroc, le modèle de la famille nombreuse recule. Selon les premiers résultats de l’Enquête nationale sur la famille 2025 du HCP, 66,8 % des femmes mariées âgées de 15 à 49 ans déclarent ne pas vouloir d’enfant supplémentaire. Autrement dit, près de deux femmes mariées sur trois souhaitent limiter le nombre d’enfants.
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Cette tendance se retrouve aussi bien en ville qu’à la campagne. Le refus d’avoir un autre enfant concerne 67,4 % des femmes mariées en milieu urbain et 65,7 % en milieu rural. Le rapport souligne donc que cette aspiration à une famille plus restreinte ne se limite plus aux grandes villes, mais traverse désormais l’ensemble de la société marocaine.
La différence est en revanche très nette selon le type de famille. Les femmes vivant dans des familles nucléaires sont les plus nombreuses à ne pas vouloir d’enfant additionnel, avec 72,5 % de réponses négatives. Dans les familles élargies, cette proportion tombe à 49,6 %. Le HCP explique cet écart par le fait que la famille élargie peut aider à réduire les contraintes liées à l’éducation et à la prise en charge des enfants.
Le nombre d’enfants déjà nés joue aussi un rôle décisif. Parmi les femmes sans enfant, 90,5 % souhaitent en avoir un. Mais ce désir chute à 48,8 % chez celles qui ont déjà un ou deux enfants, puis à 8,6 % chez celles qui en ont trois ou quatre. Chez les femmes ayant cinq enfants ou plus, seules 3,5 % souhaitent encore un enfant supplémentaire.
Les raisons avancées sont d’abord économiques. Près de la moitié des femmes mariées qui ne veulent pas d’enfant supplémentaire, soit 48,3 %, citent principalement les contraintes financières. Le choix personnel arrive ensuite, avec 32 % des réponses, devant les problèmes de santé, cités par 14,3 %. L’influence de l’entourage familial reste très faible, avec seulement 2,7 %.
Le rapport montre aussi que la planification familiale repose largement sur une décision de couple. Parmi les femmes mariées en âge de procréer qui utilisent un moyen de contraception, 85,7 % déclarent que la décision a été prise par les deux époux. Seules 13 % disent avoir pris cette décision seules, tandis que l’époux seul n’est cité que dans 1,1 % des cas.
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Derrière ces chiffres, le HCP dessine une transformation profonde de la famille marocaine. Le désir d’enfant reste présent, mais il s’inscrit de plus en plus dans une logique de limitation des naissances, de contraintes économiques, d’autonomie du couple et de recherche d’un équilibre familial plus maîtrisé.