Maroc : Adieu la grande famille
L’enquête nationale 2025 du Haut-Commissariat au Plan révèle une mutation profonde de la société marocaine. Entre recul du mariage et triomphe du modèle nucléaire, les structures traditionnelles s’effacent au profit de nouveaux modes de vie.
La famille marocaine se resserre désormais autour du couple parental. Les chiffres du Haut-Commissariat au Plan indiquent que 73 % des ménages sont de type nucléaire, marquant une hausse significative depuis trente ans. Ce recentrage s’accompagne de l’émergence des « nids vides », avec une part des couples sans enfants cohabitant qui a presque triplé. En parallèle, la proximité résidentielle avec les aînés s’affaiblit, déplaçant les solidarités physiques vers des échanges financiers et numériques à distance.
Sur Bladi.net : Le Maroc ne fait plus assez d’enfants, le vieillissement s’accélère
Le mariage subit un net recul dans un contexte de fortes pressions économiques. Aujourd’hui, 52 % des célibataires ne souhaitent plus se marier, une tendance particulièrement forte chez la gent masculine. L’âge moyen de la première union est désormais de 26,3 ans pour les femmes et 33,3 ans pour les hommes. On observe également une baisse importante des mariages consanguins, qui ne représentent plus que 20,9 % des unions, témoignant d’une diversification sociale et territoriale des cercles de rencontre.
Sur Bladi.net : Maroc : ils disent “non” au mariage !
Malgré ces changements, la cellule familiale demeure le rempart principal contre l’isolement des aînés. Si 59,3 % des seniors vivent avec leurs enfants, un tiers d’entre eux ne possède aucune source de revenu, une vulnérabilité qui frappe surtout les femmes. Sur le plan de l’ascension sociale, 41 % des individus affichent une trajectoire ascendante par rapport à leurs parents. Face à ces évolutions, Chakib Benmoussa souligne la nécessité d’adapter les politiques publiques pour accompagner les transformations d’une institution qui reste le « pilier fondamental » de la société.