Les Marocains qui demandent l’asile dans l’UE partent désormais avec un sérieux handicap
Le Maroc figure sur la nouvelle liste européenne des pays d’origine sûrs. Conséquence : les demandes d’asile déposées par ses ressortissants peuvent être examinées plus rapidement à la frontière, avec une présomption défavorable qui complique l’obtention d’une protection.
Cette conséquence est détaillée dans une note publiée le 10 septembre par le service de recherche du Parlement européen. Le document analyse l’application du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile, entré en application le 12 juin 2026.
Le Maroc fait partie de la liste commune des pays d’origine considérés comme sûrs par l’Union européenne, aux côtés notamment de l’Égypte, de la Tunisie, du Bangladesh, de la Colombie, de l’Inde et du Kosovo. Les pays candidats à l’adhésion à l’UE y figurent également.
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Cette qualification signifie que les autorités européennes considèrent, en principe, qu’un demandeur marocain ne risque pas de persécution ou d’atteinte grave s’il retourne dans son pays. Selon la note, les ressortissants marocains sont ainsi confrontés à une procédure accélérée à la frontière et à une présomption selon laquelle ils ne remplissent pas les conditions permettant d’obtenir le statut de réfugié.
Une demande toujours possible, mais plus difficile
L’inscription du Maroc sur cette liste n’interdit pas à un Marocain de demander l’asile et n’entraîne pas automatiquement le rejet de son dossier. Chaque demande doit continuer à faire l’objet d’un examen individuel. Le demandeur devra toutefois apporter des éléments suffisamment précis pour démontrer que le Maroc n’est pas sûr dans sa situation personnelle.
Il peut notamment invoquer des persécutions liées à ses opinions politiques, sa religion, son appartenance à un groupe social ou tout autre risque personnel couvert par le droit d’asile. Mais la charge consistant à renverser la présomption de sécurité rend la procédure plus difficile que pour un ressortissant d’un pays ne figurant pas sur la liste.
À la frontière extérieure de l’Union, les demandeurs peuvent également être soumis à un contrôle préalable strict. Les autorités disposent d’un délai maximal de sept jours pour vérifier leur identité, effectuer les contrôles de sécurité et de santé et examiner leurs éventuelles vulnérabilités. Le nouveau système Eurodac prévoit aussi la collecte des empreintes digitales, de l’image faciale et des données du passeport.
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La procédure accélérée ne supprime pas les garanties fondamentales ni les possibilités de recours. Elle permet en revanche aux administrations de traiter plus rapidement les dossiers qu’elles estiment peu susceptibles d’aboutir et de préparer le retour des personnes déboutées.
Ces règles concernent uniquement les Marocains qui sollicitent une protection internationale. Elles n’affectent pas les ressortissants du royaume titulaires d’un visa, d’un permis de travail, d’un titre de séjour familial ou étudiant. Le classement du Maroc comme pays sûr ne porte donc pas sur l’immigration régulière, mais modifie nettement les conditions dans lesquelles ses citoyens peuvent obtenir l’asile dans l’Union européenne.