Des Marocains de France dans le collimateur du fisc marocain

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

L’Office des changes traque un vaste réseau de transferts illicites. Des Marocains résidant à l’étranger sont directement visés par ces enquêtes, soupçonnés de financer les dépenses luxueuses de touristes en Europe grâce à des montages financiers occultes.

Les services de contrôle scrutent de près les comptes de ressortissants marocains installés définitivement à l’étranger. Ces membres de la diaspora, dont certains possèdent la nationalité de leur pays d’accueil, sont accusés d’alimenter un circuit clandestin. Le stratagème est simple : ils remettent des fonds en Europe à des voyageurs contre un versement équivalent sur le territoire national, moyennant le prélèvement d’une commission. Ces pratiques frauduleuses ont été débusquées grâce aux notifications précises envoyées par les autorités financières d’Espagne, de France et d’Italie, poussant l’administration à déclencher de vastes investigations via des échanges électroniques de données.

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Cet argent liquide finance des montres, des bijoux et des accessoires de grand luxe. Selon Hespress, l’Office des changes a repéré un décalage flagrant entre les faibles montants déclarés aux postes-frontières, comme les aéroports Mohammed V et Marrakech-Ménara ou le port Tanger Med, et les dépenses réelles sur le sol européen. Dans les semaines à venir, les voyageurs fréquents devront justifier ces factures somptuaires. Les enquêteurs comptent les confronter à l’historique de leurs transactions, qu’elles soient réglées en espèces ou par cartes bancaires internationales, pour des biens matériels, des restaurants ou des locations de véhicules.

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Ce tour de vis douanier survient alors que la dotation touristique de base est passée à 100 000 dirhams début janvier, avec un plafond global pouvant atteindre 500 000 dirhams selon l’impôt sur le revenu. Les audits approfondis frapperont également les déplacements professionnels. Des ingénieurs et des médecins se retrouvent particulièrement ciblés après avoir épuisé leur quota annuel en un ou deux séjours. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs déjà été interceptés dans des terminaux français et espagnols avec d’importantes sommes en devises non déclarées.