Les Marocains l’utilisent depuis des générations, les chercheurs commencent à comprendre pourquoi

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Au Maroc, elle est connue sous les noms de Shbarto, Asburto ou Ashbardou. Utilisée depuis des générations contre les douleurs et les blessures, Kleinia anteuphorbium intéresse désormais les chercheurs pour les propriétés de ses extraits, observées en laboratoire.

Une synthèse publiée dans Plant Biosystems et relayée ce 3 octobre par Bioengineer rassemble les connaissances sur cette espèce. Paru le 27 juillet, le travail conduit par Aya Khouchlaa passe en revue ses usages traditionnels, sa composition chimique et les expériences déjà réalisées.

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Les pratiques recensées concernent notamment les rhumatismes, les plaies, les blessures et les douleurs dorsales. Les chercheurs ont recherché dans la littérature scientifique les éléments susceptibles d’expliquer cette place dans la pharmacopée marocaine.

Ils ont identifié plusieurs substances, principalement des sesquiterpènes, une famille de molécules produites par les végétaux. Des essais sur les extraits et les composés de la plante ont montré des activités antioxydantes, antifongiques et anti-inflammatoires. Ces résultats apportent des pistes pour comprendre certains usages anciens, notamment contre les inflammations.

Des résultats obtenus en laboratoire

Les expériences recensées dans cette synthèse ont été menées in vitro. Elles montrent une activité biologique, mais ne constituent pas une validation de l’efficacité d’un traitement chez l’être humain. Les auteurs demandent aussi des évaluations toxicologiques pour déterminer la sécurité des préparations.

L’intérêt botanique de Kleinia anteuphorbium tient également à son origine. Les jardins botaniques de Kew donnent le Maroc comme seule aire de répartition naturelle. Cet arbuste succulent appartient aux Astéracées et pousse principalement dans les milieux désertiques ou les formations arbustives sèches.

Son ancien nom, Senecio anteuphorbium, apparaît encore dans les publications. La recherche sur sa chimie remonte d’ailleurs à plusieurs décennies : les références réunies par les auteurs comprennent des travaux de 1979 et de 1982.

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La synthèse réunit ainsi des observations longtemps dispersées entre botanique, médecine traditionnelle et analyses chimiques. La prochaine étape consiste à identifier précisément les substances responsables des effets mesurés et à comprendre leur action.