2,8 milliards de dollars d’exportations marocaines dans le viseur potentiel des nouvelles règles européennes
Le Maroc figure parmi les pays les plus exposés à un éventuel durcissement européen des règles sur les pesticides. Une étude de la Commission européenne identifie environ 2,8 milliards de dollars d’exportations agricoles marocaines potentiellement concernées, plaçant le Royaume juste derrière la Turquie.
Le rapport du Joint Research Centre de la Commission européenne mesure les conséquences possibles d’un alignement plus strict des normes imposées aux produits agricoles importés sur celles appliquées aux producteurs européens.
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L’analyse porte sur 18 substances actives interdites dans l’Union européenne et sur 235 produits agricoles provenant de 86 pays.
Avec environ 2,8 milliards de dollars de flux potentiellement concernés, le Maroc arrive derrière la Turquie, à 5,1 milliards de dollars, mais devant la Colombie, autour de 2,3 milliards, le Brésil, 1,3 milliard, et l’Ukraine, 1,2 milliard.
2,8 milliards ne signifie pas 2,8 milliards de pertes
La Commission ne prévoit pas la disparition de ces exportations. Le chiffre correspond à la valeur des échanges susceptibles de devoir s’adapter si Bruxelles abaissait davantage les limites de résidus autorisées pour certaines substances sur les produits importés.
L’impact réel dépendrait fortement de la capacité des producteurs étrangers à modifier leurs pratiques. Dans le scénario le plus sévère étudié par le JRC, les importations agricoles concernées dans l’Union européenne reculeraient de 41 %. La baisse tomberait à 8 % dans le scénario intermédiaire et à seulement 0,4 % lorsque l’adaptation des producteurs est relativement facile.
Le Maroc est particulièrement exposé en raison du poids de ses exportations agricoles vers le marché européen. Le rapport montre notamment que certaines filières pourraient être beaucoup plus touchées que d’autres : dans le cas de la tomate marocaine, le scénario intermédiaire aboutit par exemple à une baisse modélisée d’environ 60 % des volumes expédiés vers l’Union européenne.
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Aucune de ces hypothèses ne constitue aujourd’hui une décision de Bruxelles. Mais l’étude donne une mesure de l’enjeu : si l’Union européenne durcit effectivement ses exigences, 2,8 milliards de dollars de flux agricoles marocains pourraient être directement concernés par la nécessité de s’adapter.