Même les milliards des MRE ne couvrent plus la facture énergétique du Maroc
Les Marocains résidant à l’étranger ont transféré 61,5 milliards de dirhams au Maroc au premier semestre 2026. Sur la même période, la facture énergétique du pays a atteint 68,6 milliards. Un écart qui n’existait pas encore un an auparavant.
À fin juin 2025, les transferts des MRE, à 55,95 milliards de dirhams, dépassaient encore les 53,19 milliards consacrés aux importations d’énergie et de lubrifiants. Un an plus tard, le rapport s’est inversé : la facture énergétique dépasse désormais les envois des MRE de plus de 7 milliards de dirhams, selon les derniers indicateurs de l’Office des Changes.
Sur Bladi.net : Maroc : les touristes prennent 3,4 milliards d’avance sur les MRE
L’écart s’explique par la forte accélération des achats d’énergie. Les transferts des MRE ont progressé de 9,9 % sur un an, soit 5,53 milliards de dirhams supplémentaires. Dans le même temps, la facture énergétique a bondi de 28,9 %, avec près de 15,4 milliards de dépenses supplémentaires.
Le gasoil fait basculer la facture
Le principal responsable est le gasoil, avec le fuel. Le Maroc en a importé pour 35,85 milliards de dirhams durant les six premiers mois de 2026, contre 24,78 milliards un an auparavant. La hausse atteint 44,7 %, soit plus de 11 milliards de dirhams supplémentaires.
À eux seuls, le gasoil et le fuel expliquent ainsi près des trois quarts de l’augmentation de la facture énergétique. Les huiles de pétrole et lubrifiants ont également augmenté, de 5,75 à 9,33 milliards de dirhams. À l’inverse, les achats de charbon et combustibles solides ont reculé de 9,6 %, à 6,18 milliards.
Cette poussée contribue au creusement du déficit commercial. Les importations marocaines ont atteint 458,78 milliards de dirhams au premier semestre, en hausse de 15,3 %, contre 260,4 milliards d’exportations. Le déficit commercial s’élève ainsi à 198,38 milliards de dirhams, soit 23,5 % de plus qu’un an auparavant.
Sur Bladi.net : Le Maroc achète pour près de 4 milliards de dirhams d’avions en six mois
Le contraste avec les MRE est d’autant plus marqué que leurs transferts continuent, eux, de progresser. Mais leur hausse ne suit plus le rythme de la facture énergétique : en l’espace d’un an, les 2,8 milliards de dirhams d’avance des transferts MRE se sont transformés en un retard de plus de 7 milliards face aux importations d’énergie.