D’origine marocaine, Sofia Boutrih passe des HLM à la tête de 20 000 logements sociaux en Seine-Saint-Denis
Née dans un logement insalubre avant de grandir en HLM, Sofia Boutrih vient de prendre la présidence de Plaine Commune Habitat. Une ascension symbolique pour cette élue d’origine marocaine, désormais à la tête d’un parc de 20 000 logements sociaux.
Élue mardi soir à la direction de cet office public, l’adjointe au maire de Saint-Denis affiche un parcours particulièrement singulier. À 37 ans, elle devient la première femme, mais surtout la première enfant de locataires, à diriger l’organisme. Issue d’une famille marocaine qui songeait à quitter la France faute de toit décent, elle a d’abord vécu dans un appartement vétuste de 32 mètres carrés, situé au quatrième étage sans ascenseur du boulevard Carnot.
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L’obtention d’un quatre-pièces à la cité Gabriel Péri, alors qu’elle avait huit ans, a agi comme un véritable tremplin personnel et familial. Considérant que ce type d’habitat « crée des parcours de vie », la nouvelle dirigeante estime s’être construite et émancipée grâce à cette étape décisive. Après des études supérieures en relations internationales, elle a d’ailleurs elle-même bénéficié de ce système par le biais de la décohabitation, avant d’acquérir sa propre résidence dans le centre-ville en 2023.
Son lien avec la structure dépasse la simple occupation d’un appartement, puisqu’elle y a également exercé en tant que chargée de mission. À ce poste, elle avait notamment organisé un réseau associatif permettant aux résidents de se réunir et de négocier des avantages commerciaux locaux. Aujourd’hui aux commandes, elle compte remettre l’attribution de logements individuels au centre des priorités, améliorer le cadre de vie global et poursuivre la réhabilitation énergétique des bâtiments.
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Comme le rapporte le quotidien Le Parisien, l’élue ambitionne également de maîtriser les loyers et les charges, qui ont bondi de 13 % au cours des six dernières années. Dès son arrivée en fonction, elle a exigé la réalisation d’audits portant sur la santé financière, les ressources humaines et les frais locatifs de l’institution. Cette volonté de contrôle tarifaire laisse toutefois son prédécesseur perplexe quant à sa réelle faisabilité économique et pratique.