La Panenka de trop : Comment Brahim Díaz a fait basculer la finale dans le cauchemar
Alors que le Maroc attendait un titre depuis un demi-siècle, la finale de la Can a viré au drame sportif. Face à un Edouard Mendy imperturbable, l’attaquant vedette Brahim Díaz a tenté un geste technique qui fait aujourd’hui l’objet de toutes les critiques.
Le rêve marocain s’est fracassé sur un geste technique trop audacieux. Alors que les Lions de l’Atlas touchaient du doigt un sacre attendu depuis un demi-siècle, Brahim Díaz a vu son destin basculer lors d’une finale de Coupe d’Afrique des Nations riche en rebondissements contre le Sénégal. À la dernière minute du temps réglementaire, l’attaquant du Real Madrid a manqué l’occasion de sceller le sort du match, transformant une potentielle liesse populaire en une profonde désillusion nationale.
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L’atmosphère était devenue irrespirable après une interruption de seize minutes, marquée par des protestations et un arrêt de jeu prolongé. Face à cette pression étouffante, le joueur de 26 ans a pris le risque de tenter une panenka pour tromper Edouard Mendy. Mais le portier sénégalais, imperturbable, n’a pas mordu à l’hameçon et a rattrappé le ballon sans la moindre difficulté. Ce raté a agi comme une véritable douche froide, envoyant les deux sélections en prolongations où le Sénégal a rapidement pris l’ascendant. Remplacé dans la foulée par Walid Regragui, Brahim Díaz a quitté la pelouse le visage marqué, conscient d’avoir laissé passer la chance de sa vie.
Cette prise de risque jugée malvenue a immédiatement déclenché une tempête de critiques parmi les observateurs. L’ancien international Khalid Boulahrouz n’a pas mâché ses mots, qualifiant ce geste de particulièrement douloureux. Selon lui, en tentant une panenka à deux minutes du coup de sifflet final, le joueur a agi comme si l’enjeu le concernait lui personnellement plutôt que les quarante millions de Marocains et les générations marquées par les échecs passés. De son côté, Nordin Amrabat a jugé ce geste irrespectueux pour un moment d’une telle importance, estimant que l’attaquant est passé en un éclair du statut de héros potentiel à celui de premier responsable de la défaite.
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La fin de soirée a pris des allures de chemin de croix pour le jeune talent. Malgré le revers collectif, Brahim Díaz a dû se plier au protocole pour recevoir son trophée de meilleur buteur de la compétition, fort de ses cinq réalisations. Sous les yeux de Gianni Infantino, président de la FIFA, et malgré une haie d’honneur de la part de ses coéquipiers et de ses adversaires, le joueur est apparu inconsolable. Luttant contre les larmes devant les objectifs, il offrait un contraste saisissant avec la joie de Sadio Mané, élu meilleur joueur du tournoi, ou de son partenaire Yassine Bounou, désigné meilleur gardien. Une distinction individuelle au goût de cendre face au poids d’un rendez-vous manqué avec l’histoire.