Paris/rencontre : Six heures contre l’oubli

- 00h16 - Monde - Ecrit par : L.A

L’histoire contemporaine du Maroc est jalonnée de soulèvements populaires. Ces derniers étaient l’expression de l’aspiration du peuple marocain à la dignité, la liberté et à l’Etat de droit. La réponse des autorités marocaines était cinglante et brutale. De nombreuses victimes y ont laissé leurs vies.

Dans son rapport final, l’Instance Equité et Réconciliation (IER) reconnaît officiellement que l’Etat a utilisé la force publique d’une façon « exagérée et disproportionnée » pour mater les manifestants lors des évènements sociaux de 1965, 1981, 1984 et 1990. L’IER dit avoir identifié 325 cas de décès liés à ces soulèvements mais reconnaît ne pas pouvoir localiser les dépouilles et les lieux d’enterrement de la plupart d’entre eux.

Pourtant, après la découverte du charnier de la caserne des pompiers de Casablanca, qui recevait les victimes des manifestations de juin 1981, des ex-membres de l’IER ont été témoins du déplacement des dépouilles sans que les familles ne soient prévenues et sans qu’aucune analyse scientifique ne soit effectuée.

La volonté de dissimuler pour compromettre l’établissement de la vérité sur ces évènements était manifeste ! Le refus du procureur général d’instruire le dossier et d’interpeller les hauts responsables en postes au moment du soulèvement populaire de Casablanca, en invoquant la raison de prescription en est la preuve.

Les organisations signataires exigent des autorités marocaines

• La libération des disparus encore en vie
• L’indication des lieux des fosses communes où sont enterrées les victimes des soulèvements populaires et la réalisation d’examens scientifiques pour déterminer les causes du décès et l’identité
des victimes décédées
• La détermination des responsabilités individuelles et institutionnelles et la levée définitive de l’impunité
• L’adoption, sans délai, de mesures pour réparer des préjudices subis par toutes les victimes et leurs familles et pour garantir la non reproduction de ces violations des droits humains.

A l’occasion du 42ème anniversaire du soulèvement populaire de 1965 les associations AMF, APADM, ASDHOM, ATMF, FMVJ (France) rendent hommage aux luttes des femmes, victimes directes de la répression, aux mères, filles ou épouses de disparus, prisonniers politiques ou exilés :

Six heures contre l’oubli
Samedi 31 mars 2007 - 15h
Foyer Picoulet - 59, Rue de la fontaine au roi, 75011 - Paris

Programme de la rencontre
  • 140 millions d'Euros pour les victimes des "Années de plomb"

    Le Maroc a versé depuis plus de dix ans 140 millions d'euros aux victimes et ayants droit des graves violations des droits de l'Homme commises à l'époque du roi Hassan II.

  • Forum : « Immigration : où est le problème ? »

    A un mois des élections présidentielles, le collectif Uni(e)s contre une Immigration Jetable (UCIJ) qui, depuis la réforme de loi sur l'immigration de 2006, rassemble plusieurs centaines d'organisations associatives, politiques et syndicales a choisi de poser à nouveau la question des politiques à l'égard des migrants et de livrer son expertise à l'opinion publique. Trois modes d'expression se succèderont :

  • Faux tremblement de terre pour les marins-pompiers français et marocains

    Cris de « victimes » ensevelies sous les décombres, vrombissements d'hélicoptères, chiens à l'affût... Les marins-pompiers de Marseille et ceux de la marine royale marocaine ont procédé, jeudi, à une simulation de tremblement de terre

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    Les bulldozers réussiront-ils là où l'Instance Equité et Réconciliation (IER), chargée de faire la lumière sur les disparus des années noires du règne de Hassan II, a partiellement échoué ? Lors de travaux de construction, deux fosses communes et des restes d'ossements humains ont été découverts, en moins de deux mois, dans trois villes marocaines, théâtres dans les années 60, 80 et 90 d'émeutes réprimées dans le sang.

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    Les Marocains désireux d'émigrer au Canada sont appelés à s'armer de vigilance lorsqu'il s'agit d'utiliser le réseau Internet pour la transmission des demandes d'émigration, afin d'éviter d'être les victimes d'escroquerie.

  • Décès de Driss Benzekri

    Driss Benzekri, décédé dimanche à l'âge de 57 ans, était l'un des plus célèbres défenseurs des Droits de l'Homme au Maroc : il fut un opposant au régime du roi Hassan II avant que le roi Mohammed VI l'invite à tenter de "tourner la page" des années de plomb (1960-1999).

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    Selon un rapport établi par la Coalition Contre les Abus Sexuels sur les Enfants (Cocasse), à peu près 80% des abus envers les enfants sont des abus sexuels et que 75% des abuseurs ont une relation familiale avec les victimes.

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    Le Comité marocain pour les droits de l'Homme (KMM) basé aux Pays-Bas, organise, le 8 octobre à Amsterdam, une conférence internationale sur "le processus de recherche de la vérité, le dédommagement et la réhabilitation au Maroc concernant la période 1956/1999".