Un policier d’origine marocaine meurt en intervention, son collègue s’effondre en plein hommage

- 19h00 - Belgique - Ecrit par : Mohamed A.

Un collègue en larmes, plus de mille policiers réunis au Cinquantenaire et une décoration décernée après sa mort. Vendredi, Bruxelles a rendu un hommage national à Nordine El Talbi, inspecteur d’origine marocaine tué à 41 ans lors d’une intervention à Jette.

Devant plus de mille policiers rassemblés sous les arches du Cinquantenaire, un homme fond en larmes. Il vient de terminer son discours en mémoire de Nordine El Talbi, son collègue et ami, tué trois jours plus tôt. L’assistance l’applaudit longuement. Sur un écran géant, le portrait de l’inspecteur de 41 ans domine la cérémonie. Vendredi 16 octobre, Bruxelles a rendu un dernier hommage à ce père de deux enfants, mort en service, rapporte The Brussels Times, reprenant l’agence Belga.

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Dès 9 heures, les policiers étaient arrivés de toute la Belgique. Agents en uniforme, enquêteurs en civil, unités spéciales et jeunes recrues se sont réunis pour saluer celui que ses collègues surnommaient « James ». Deux d’entre eux ont raconté leurs années de patrouille avec Nordine, leurs interventions communes et une amitié qui dépassait le cadre professionnel.

Derrière ce surnom se cache une histoire de persévérance. Nordine avait tenté six fois les épreuves de sélection de la Brigade anti-agression avant de réussir, en 2019. Ses collègues l’appelaient aussi « 007 », en référence à James Bond. Lui leur rappelait avec humour qu’il avait passé les tests six fois, et non sept.

« Il aurait dû rentrer chez lui auprès des siens »

Fils d’immigrés marocains, Nordine avait rejoint la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles en 2009. Ses collègues décrivent un homme courageux, capable de désamorcer les tensions et de gagner le respect des habitants. « Il connaissait Bruxelles comme sa poche », ont-ils raconté lors de la cérémonie. Le chef de corps, Michel Goovaerts, a salué son professionnalisme et sa générosité, évoquant un véritable « ketje » bruxellois.

Le bourgmestre Philippe Close a rappelé que cette cérémonie n’aurait jamais dû avoir lieu : Nordine aurait dû rentrer chez lui auprès de ses proches. Le ministre belge de l’Intérieur, Bernard Quintin, lui a décerné à titre posthume la Croix civique de première classe, saluant son courage, son dévouement et son humanité.

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Deux véhicules noirs de la Brigade anti-agression portaient symboliquement les inscriptions « Nordine » et « James ». À 11 h 30, l’assistance a observé une minute de silence, suivie d’un film retraçant la vie du policier. L’hymne national belge a retenti avant qu’un hélicoptère de police ne survole les arches du Cinquantenaire.

Nordine avait été mortellement blessé d’une balle à la tête dans la nuit du 12 au 13 octobre, alors qu’il recherchait une voiture volée à Jette. Sa disparition avait déjà réuni quelque 2 000 personnes jeudi à la mosquée Al-Amal d’Anderlecht, pour une prière en sa mémoire. Un registre de condoléances ouvert à l’hôtel de ville de Bruxelles devait ensuite être remis à sa famille.