Le Polisario rattrapé par la supériorité militaire du Maroc
Le Front Polisario maintient l’option du dialogue avec Rabat malgré la mort de l’un de ses hauts dirigeants lors d’une frappe marocaine. Une posture contradictoire qui illustre le désarroi d’un mouvement militairement surclassé et diplomatiquement isolé.
Le décès de Lahbib Mohamed Abdelaziz, figure majeure de l’armée sahraouie et fils de l’ancien président du mouvement, expose brutalement la réalité du terrain. Atteint par un appareil de haute précision lors d’une opération de retrait, il s’ajoute aux dizaines de victimes causées par des drones ces dernières années. Comme le rapporte El País, cette supériorité technologique écrase les capacités des indépendantistes, historiquement équipés de vieux Land Rover espagnols modifiés. Devant cette asymétrie flagrante face à l’armement ennemi, le délégué à Madrid Jalil Mohamed Abdelaziz se résigne à évoquer « le prix élevé » à payer pour défendre leur dignité.
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En dépit de cette vulnérabilité meurtrière, le mouvement séparatiste affiche une posture ambivalente. Abdoullah Arabi, représentant en Espagne, affirme que le groupe « est habitué à dialoguer dans tous les contextes possibles », refusant de clore le chapitre des contacts bilatéraux. Cette ligne fluctuante s’est manifestée en avril dernier depuis la région algérienne de Tindouf, où s’entassent 175 000 personnes. Le dirigeant Brahim Ghali y avait tempéré la rhétorique martiale, assurant que son camp souhaitait agir en partenaire pacifique pour ses voisins, incluant le Maroc, tout en réclamant le respect des décisions de l’ONU.
Ce grand écart tactique découle directement d’un isolement croissant sur la scène internationale. Alors que ce conflit suscite peu d’intérêt en raison de son faible enjeu géostratégique mondial, Rabat a su consolider le ralliement de puissances occidentales majeures comme les États-Unis et la France. L’Espagne a elle-même franchi le pas en 2022 lorsque le président Pedro Sánchez a qualifié le plan d’autonomie marocain de base la plus sérieuse. Un revirement fustigé par Abdoullah Arabi, qui dénonce le silence assourdissant et les doubles standards de Madrid lorsque les victimes sont sahraouies.
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Sur le plan géographique, cet enfermement se matérialise par un mur de sable fortifié érigé dans les années 1980. Cette gigantesque balafre militaire coupe en deux les 250 000 kilomètres carrés de la région, laissant l’essentiel de la zone littorale sous strict contrôle marocain. Confinés sur les 20 % du territoire restants à l’intérieur des terres, les indépendantistes se heurtent à un obstacle physique infranchissable. Bien que la militante Aminatou Haidar vante une détermination populaire intacte, la connaissance pointue du désert ne suffit plus pour contrer la puissante machinerie marocaine.