« Racines médiévales » contre « Marocain de Casablanca » : Othman Nasrou renvoyé à ses origines

- 17h00 - France - Ecrit par : Bladi.net

Le secrétaire général de LR, Othman Nasrou, a saisi la justice après avoir reçu un mail de l’ancien préfet Michel Aubouin. Ce dernier, évincé du parti, y oppose ses racines françaises médiévales aux origines marocaines du dirigeant politique.

Le conflit a éclaté suite à l’exclusion de Michel Aubouin du parti Les Républicains pour avoir maintenu une liste dissidente dans les Yvelines. Dans un courriel adressé à la direction du mouvement, l’ancien préfet dénonce une « décision inique » dont il tient Othman Nasrou pour responsable. Selon des informations rapportées par Le Monde, le message cible explicitement les origines du numéro trois du parti pour contester son ancrage local.

Sur Bladi.net : Deux Marocains dans le nouveau gouvernement français

Michel Aubouin, qui a dirigé l’intégration au ministère de l’Intérieur par le passé, a mis en avant son ascendance française ininterrompue depuis le Moyen Âge. Il a affirmé ignorer qu’au milieu des 500 000 naturalisations qu’il a supervisées, « un Marocain de Casablanca » viendrait un jour l’insulter. Il soutient dans ses écrits que cette « antériorité » sur le territoire français lui accorde des droits et impose des règles de politesse aux citoyens plus récents.

Face à ces propos, Othman Nasrou a effectué un signalement auprès du procureur de Paris pour « incitation à la haine en raison des origines ». Le dirigeant politique, né au Maroc et naturalisé en 2012, estime que de tels discours n’ont pas leur place dans le débat public français. Il a également fustigé la proximité de l’ancien préfet avec les sphères de l’extrême droite, citant notamment sa participation à des travaux du Rassemblement national.

Pour sa défense, Michel Aubouin nie toute intention raciste et qualifie ses propos de simples réflexions sur la légitimité géographique. Il soutient que la connaissance séculaire d’un territoire confère une aptitude particulière à le représenter lors d’élections municipales. Pour lui, l’évocation des racines familiales n’est qu’un argument de proximité locale face à un dirigeant qu’il perçoit comme déconnecté de sa circonscription.

Sur Bladi.net : Racisme contre Sabah Aib : la réaction ferme du gouvernement français

Le profil du candidat est toutefois scruté de près en raison de ses engagements idéologiques récents. Membre du conseil scientifique de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, il assume une expertise technique auprès de formations conservatrices. Cette orientation alimente les critiques de ses opposants, qui voient dans ses écrits une dérive identitaire incompatible avec les valeurs de la droite républicaine traditionnelle.