Ramadan : Pourquoi les dattes deviennent un luxe cette année au Maroc
À une semaine du mois sacré du ramadan, le marché marocain des dattes est sous tension. La baisse des importations liée aux quotas et l’impact de la sécheresse sur la production locale entraînent une explosion des prix et des risques de fraude.
Les étals marocains affichent une baisse significative de l’offre en dattes étrangères, conséquence directe du maintien des restrictions à l’importation. Selon des sources professionnelles citées par Hespress, le système de quotas imposé par les autorités a créé un « blocage » dans les ports, pénalisant les petits grossistes au profit des grandes entreprises et limitant drastiquement les volumes disponibles. Cette régulation, censée protéger la production nationale, intervient alors que les importateurs hésitent à constituer des stocks massifs face à l’incertitude administrative.
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Paradoxalement, la production locale ne parvient pas à combler ce vide ni à réguler les tarifs. Dans les régions productrices du Sud-Est, comme Zagora et Errachidia, les oasis subissent les effets dévastateurs d’une sécheresse aiguë qui a raréfié des variétés prisées telles que le « Boufeggous ». Contrairement aux rumeurs d’abondance, les prix des dattes marocaines ont grimpé en flèche, certaines variétés ordinaires passant de 15 à plus de 50 dirhams le kilogramme en raison de la pénurie.
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Cette tension sur l’offre se répercute également sur les produits importés encore disponibles. Le prix de certaines références, comme la datte irakienne « Zahedi », a doublé par rapport à l’an dernier, enregistrant une hausse moyenne d’environ huit dirhams par kilo. Les professionnels avertissent que la rareté actuelle pousse les niveaux de prix vers des sommets rendant la commercialisation difficile et la concurrence quasi impossible pour les petits détaillants.
La situation favorise par ailleurs des pratiques spéculatives inquiétantes. Des distributeurs dénoncent l’écoulement de stocks anciens datant de la récolte 2024, vendus au prix fort comme étant de la nouvelle saison, notamment pour la variété « Mejhoul ». Face à cette « absence de contrôle », les acteurs du secteur appellent à une accélération urgente des procédures d’importation et à une surveillance accrue pour garantir la transparence des transactions et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs avant le début du jeûne.