Une roche du Maroc pourrait devenir un nouvel engrais pour l’Afrique
Une roche riche en potassium présente au Maroc pourrait servir à fabriquer un engrais à libération progressive. Des chercheurs sont parvenus à rendre ses nutriments plus facilement accessibles aux plantes, ouvrant une piste pour réduire la dépendance aux engrais potassiques importés.
Cette roche, appelée syénite, contient naturellement du potassium, un élément essentiel aux cultures. Le problème est qu’il reste emprisonné dans sa structure minérale et n’est donc pas directement assimilable par les plantes.
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Dans une étude publiée dans Minerals Engineering, une équipe comprenant plusieurs chercheurs de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) a soumis cette syénite marocaine à un traitement hydrothermal destiné à modifier sa structure.
Le résultat : une partie importante du potassium devient beaucoup plus facilement mobilisable au contact de l’eau.
Une libération rapide, puis progressive
Les chercheurs observent deux phases. Une première quantité de nutriments est libérée rapidement, puis le potassium continue à se diffuser plus lentement. La roche traitée pourrait ainsi nourrir les plantes sur une durée plus longue qu’un apport immédiatement soluble.
Le matériau libère également du calcium, ce qui pourrait présenter un intérêt supplémentaire pour certains sols acides.
Cette piste est particulièrement intéressante pour l’Afrique, où l’accès aux engrais potassiques importés peut être coûteux ou irrégulier. Une précédente étude menée sur de la syénite provenant du complexe de Tamazeght, près de Midelt, avait déjà montré qu’un traitement similaire pouvait fortement augmenter la quantité de nutriments libérés par la roche.
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Il ne s’agit toutefois pas encore d’un engrais marocain commercialisé. Les travaux portent pour l’instant sur le comportement du matériau en laboratoire. Ils montrent néanmoins qu’une ressource géologique présente au Maroc pourrait devenir une source locale de potassium et compléter à terme les engrais conventionnels.