Le blocage du détroit d’Ormuz menace l’agriculture marocaine

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : J.K

L’arrêt de la production d’engrais dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz provoquent une envolée des prix mondiaux. Cette crise menace la production agricole, impactant directement les exportations marocaines et la sécurité alimentaire des pays en développement.

Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran et l’arrêt des installations de production, notamment au Qatar, paralysent les exportations de la région du Golfe. Ce pôle stratégique fournit un tiers de l’urée et de l’ammoniac échangés dans le monde, ainsi que la moitié du soufre. De grands producteurs comme le Brésil ou l’Inde, très dépendants de ces approvisionnements, font face à des ruptures de stocks massives.

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Cette instabilité affecte directement les chaînes de production internationales. Le Maroc, fournisseur majeur de l’Europe en engrais phosphatés, subit les répercussions du conflit car il dépend du soufre du Golfe pour sa fabrication. Parallèlement, l’urée égyptienne a bondi de 500 à plus de 650 dollars la tonne en raison des coupures de gaz, pesant lourdement sur les coûts des agriculteurs.

La menace sur la sécurité alimentaire est jugée alarmante par l’ONU. Selon Sylvain Pellerin de l’INREA, « sans ces trois apports clés en engrais (azote, phosphore et potassium), la production agricole mondiale chuterait d’un tiers ». Des pays comme le Bangladesh ont déjà dû fermer la quasi-totalité de leurs usines faute de matières premières, faisant craindre une crise de subsistance dans les zones les plus pauvres.

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L’incertitude plane désormais sur la saison des semis de l’hémisphère sud en juin. Les dégâts potentiels sur les infrastructures de production pourraient retarder durablement un retour à la normale. Face à cette vulnérabilité, la Commission européenne prépare un plan d’action pour diversifier ses sources d’approvisionnement et renforcer sa stratégie de résilience face à la volatilité des marchés énergétiques du Moyen-Orient.