Washington protège une ressource clé mais maintient la pression sur les phosphates marocains
Donald Trump invoque le Defense Production Act pour sécuriser le phosphore. La dépendance stratégique américaine est révolue, plaçant la souveraineté industrielle au cœur des priorités face aux droits de douane qui pèsent toujours sur les exportations marocaines.
Le président américain a signé mercredi un décret présidentiel plaçant le phosphore élémentaire et le glyphosate sous la protection immédiate du Defense Production Act. Cette mesure d’urgence vise à sanctuariser les chaînes d’approvisionnement de ces matériaux jugés vitaux pour l’armée et l’agriculture, la Maison-Blanche qualifiant toute rupture de stock potentielle de menace directe pour la « base industrielle de défense » face à des « acteurs étrangers hostiles ».
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En confiant au département de l’Agriculture la gestion des allocations de ces ressources, Washington tente de répondre aux inquiétudes croissantes des fermiers américains. Ces derniers subissent de plein fouet l’envolée des coûts de production, aggravée par le fait qu’il n’existe qu’un seul producteur national pour ces intrants essentiels, alors que la Chine continue de restreindre ses propres exportations pour protéger son marché intérieur.
L’épineuse question des droits de douane sur les engrais marocains
Si l’administration a récemment exempté la plupart des engrais phosphatés des tarifs douaniers réciproques pour soulager le marché, cette flexibilité ne s’étend pas encore au Royaume. Fournisseur clé de phosphates, le Maroc reste soumis à des droits de douane compensateurs américains distincts. Ce régime fiscal punitif, qui pénalise les importations en provenance du géant mondial, doit faire l’objet d’un réexamen crucial prévu plus tard cette année.
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Les analystes du secteur restent d’ailleurs sceptiques sur la portée réelle de ce décret pour les finances des agriculteurs. Alexis Maxwell, analyste chez Bloomberg Intelligence, souligne que le texte « offre peu de soulagement aux agriculteurs en difficulté financière, laissant un problème d’approvisionnement central – les droits compensateurs – intact », perpétuant ainsi l’incertitude commerciale qui pèse sur les partenaires historiques comme Rabat.