Washington protège une ressource clé mais maintient la pression sur les phosphates marocains

- 13h00 - Monde - Ecrit par : Bladi.net

Donald Trump invoque le Defense Production Act pour sécuriser le phosphore. La dépendance stratégique américaine est révolue, plaçant la souveraineté industrielle au cœur des priorités face aux droits de douane qui pèsent toujours sur les exportations marocaines.

Le président américain a signé mercredi un décret présidentiel plaçant le phosphore élémentaire et le glyphosate sous la protection immédiate du Defense Production Act. Cette mesure d’urgence vise à sanctuariser les chaînes d’approvisionnement de ces matériaux jugés vitaux pour l’armée et l’agriculture, la Maison-Blanche qualifiant toute rupture de stock potentielle de menace directe pour la « base industrielle de défense » face à des « acteurs étrangers hostiles ».

Sur Bladi.net : Le conflit russo-ukrainien, une véritable opportunité pour le Maroc

En confiant au département de l’Agriculture la gestion des allocations de ces ressources, Washington tente de répondre aux inquiétudes croissantes des fermiers américains. Ces derniers subissent de plein fouet l’envolée des coûts de production, aggravée par le fait qu’il n’existe qu’un seul producteur national pour ces intrants essentiels, alors que la Chine continue de restreindre ses propres exportations pour protéger son marché intérieur.

L’épineuse question des droits de douane sur les engrais marocains

Si l’administration a récemment exempté la plupart des engrais phosphatés des tarifs douaniers réciproques pour soulager le marché, cette flexibilité ne s’étend pas encore au Royaume. Fournisseur clé de phosphates, le Maroc reste soumis à des droits de douane compensateurs américains distincts. Ce régime fiscal punitif, qui pénalise les importations en provenance du géant mondial, doit faire l’objet d’un réexamen crucial prévu plus tard cette année.

Sur Bladi.net : Engrais marocains : le coup de massue américain

Les analystes du secteur restent d’ailleurs sceptiques sur la portée réelle de ce décret pour les finances des agriculteurs. Alexis Maxwell, analyste chez Bloomberg Intelligence, souligne que le texte « offre peu de soulagement aux agriculteurs en difficulté financière, laissant un problème d’approvisionnement central – les droits compensateurs – intact », perpétuant ainsi l’incertitude commerciale qui pèse sur les partenaires historiques comme Rabat.

  • Une aide militaire américaine pour le Maroc

    Le budget américain pour l'exercice 2026 entérine une enveloppe de 20 millions de dollars destinée au Maroc. Cette dotation s'inscrit dans le cadre du financement militaire étranger, confirmant la coopération sécuritaire entre Washington et Rabat.

  • Sahara : Washington réunit le Maroc et l'Algérie à Madrid

    Des pourparlers cruciaux sur l'avenir du Sahara doivent se tenir ce dimanche à Madrid. Sous l'impulsion de l'administration Trump, les chefs de la diplomatie du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario se réuniront à l'ambassade des États-Unis pour discuter d'une solution politique basée sur le plan d'autonomie marocain.

  • Les pastèques mauritaniennes bloquées aux portes du Maroc

    Malgré une forte demande liée à l'approche du ramadan, les pastèques mauritaniennes n'arrivent pas à intégrer le marché marocain. En cause, des droits de douane jugés prohibitifs qui poussent les exportateurs à se tourner massivement vers l'Europe.

  • Vers un répit pour les engrais marocains aux États-Unis ?

    Depuis 2021, l'imposition de droits compensateurs sur les engrais phosphatés marocains crée des tensions commerciales. Washington pourrait à nouveau revoir ces droits.

  • Un porte-avions américain aperçu près du Maroc intrigue

    Repéré au large des côtes marocaines, le porte-avions USS Gerald R. Ford acte la fin de la priorité stratégique caribéenne. Washington concentre désormais une puissance de feu inédite en Méditerranée, signalant une escalade imminente de la pression militaire sur l'Iran.

  • États-Unis : Des Marocains secrètement envoyés au Cameroun

    L'administration Trump expulse des migrants en situation irrégulière, dont des Marocains, vers des pays tiers africains. Cette stratégie vise à contourner les protections légales qui empêchent leur renvoi direct dans leur pays d'origine.

  • Canada et États-Unis : Les marchés nord-américains succombent à l'orange marocaine

    Les exportations d'oranges du Maroc enregistrent une forte croissance pour la deuxième saison consécutive, marquant un redressement après les bas niveaux de 2022/23. Avec 84,6 mille tonnes exportées lors de la campagne 2024/25, le volume progresse de 38 % sur un an pour une valeur de 61 millions de dollars. Cette dynamique confirme la place de l'orange comme l'un des piliers des ventes de fruits marocains à l'international.

  • Les soldats marocains bientôt déployés pour sécuriser Gaza ?

    Une nouvelle phase s'ouvre pour Gaza avec l'activation du plan américain de transition. Au cœur du dispositif international de stabilisation, le Maroc est appelé à jouer un rôle clé dans l'accompagnement sécuritaire et politique de l'après-cessez-le-feu, alors que s'amorce la reconstruction du territoire.

  • Achat de chasse Su-57 russes : Les États-Unis menacent l'Algérie de sanctions lourdes

    Le Département d'État américain n'exclut pas d'activer le levier des sanctions contre Alger suite à l'acquisition d'avions de combat russes. Un haut diplomate a évoqué devant le Sénat l'application possible de la loi CAATSA, qualifiant cette transaction de « préoccupante ».

  • Adieu Cuba, bonjour le Maroc : Pourquoi les touristes québécois changent de cap en 2026

    À la suite de la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro et des déclarations du président américain Donald Trump prédisant la chute du régime cubain, les voyageurs québécois manifestent des réactions divergentes quant au maintien de leurs séjours dans les Caraïbes. Si une majorité de vacanciers conserve ses projets, une partie des touristes choisit d'annuler ses réservations au profit de destinations jugées plus stables, notamment le Maroc.