Le baril à 160 dollars ? Le scénario noir qui menace le Maroc
Le blocage potentiel du détroit d’Ormuz menace l’économie marocaine d’une inflation importée massive. Dépendant à 90 % des énergies étrangères, le Royaume fait face à une explosion prévue de sa facture d’importation et du coût du fret maritime mondial.
Le Maroc, qui importe la quasi-totalité de ses besoins énergétiques, se trouve en première ligne face à l’escalade des tensions géopolitiques mondiales. Dans une analyse accordée au journal Alomk , l’expert Rachid Sari prévient que cette vulnérabilité entraînera inévitablement un épuisement des réserves en devises et une hausse généralisée des prix intérieurs.
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Le point de rupture se situe au détroit d’Ormuz, artère vitale où transitent chaque jour 20 millions de barils de pétrole. Une paralysie de ce passage forcerait les navires à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ajoutant jusqu’à 10 000 kilomètres aux trajets et provoquant des retards de livraison critiques pour les marchés européens et africains.
Cette crise logistique ferait bondir le coût du fret maritime de 30 % à 50 %, tandis que les primes d’assurance grimperaient d’un tiers. Rachid Essari souligne que « le discours ne doit pas se limiter uniquement aux prix du pétrole et du gaz, mais doit inclure le coût du transport maritime qui augmentera de façon vertigineuse ».
Les projections de l’analyste sont alarmantes : le baril de brut pourrait atteindre 160 dollars, tandis que le prix du gaz naturel bondirait de 70 %. Un tel choc impacterait directement les prix des céréales, des métaux et des composants électroniques, menaçant de gripper durablement les chaînes d’approvisionnement mondiales.
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Enfin, l’expert anticipe un impact macroéconomique sévère avec une inflation mondiale gonflée de deux à trois points. Ce scénario sombre, marqué par des menaces directes sur la sécurité énergétique et alimentaire, impose désormais au Maroc des défis financiers et commerciaux sans précédent.