Le Maroc vers l’une de ses meilleures moissons depuis des années
Grâce à des précipitations hivernales particulièrement abondantes, la production de céréales au Maroc pourrait doubler cette saison. Les professionnels du secteur tablent sur une récolte atteignant les 9 millions de tonnes, marquant une rupture spectaculaire avec les faibles rendements de l’année précédente.
Les indicateurs climatiques et agricoles sont au vert. Avec des pluies dépassant de 34 % la moyenne des trente dernières années et un taux de remplissage des barrages bondissant à 70 % (contre 25 % l’an passé), la superficie semée s’est élargie à 3,7 millions d’hectares. En conséquence, la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL) anticipe une production totale de 8 à 9 millions de tonnes, dont près de 5 millions de tonnes de blé tendre, contre seulement 4,4 millions au total l’an dernier. Si des inondations dans les plaines du nord-ouest ont endommagé environ 110 000 hectares, les excellents rendements attendus dans les autres régions compenseront largement ces pertes.
Récolte de blé au Maroc 2026 : rendements historiques et défis logistiques portuaires
Paradoxalement, cette abondance climatique s’accompagne de défis majeurs pour la chaîne d’approvisionnement extérieure. De violentes tempêtes hivernales perturbent le trafic maritime depuis la mi-décembre, bloquant près de 70 navires chargés d’un million de tonnes de blé au large des ports de Casablanca et de Jorf Lasfar. Face aux surcoûts engendrés par ces retards, les importateurs pressent le gouvernement de prolonger le programme de subventions jusqu’au 1ᵉʳ juin. Ces importations restent cruciales, le Royaume s’approvisionnant traditionnellement auprès de la France pour environ deux tiers de ses besoins en blé tendre.