Le Maroc construit des barrages et des usines de dessalement, l’Espagne « ne fait rien »
Pour lutter contre la pénurie d’eau, le Maroc a mis en place le Plan national de l’eau 2020-2025 qui prévoit des investissements massifs de l’ordre de 383 milliards de dirhams (environ 36 milliards d’euros) dédiés à la construction de barrages et de stations de dessalement. Pendant ce temps, l’Espagne brille par son inaction.
Ce plan, révisé tous les dix ans, prévoit la construction de 16 grands barrages d’ici 2027, ainsi que quatre autres barrages de taille moyenne et 92 barrages de petite taille. Le royaume, qui compte déjà 17 usines de dessalement d’eau de mer, ambitionne d’en construire quatre autres d’ici 2027 et neuf supplémentaires d’ici 2030 pour atteindre une production annuelle totale de 1,7 million de mètres cubes. Outre l’approvisionnement des grandes villes, ce plan vise à garantir les ressources en eau nécessaires à l’agriculture et à l’élevage, en construisant parallèlement des canaux et des dérivations et en développant des systèmes d’information et de suivi, ainsi qu’une gestion intégrée des bassins.
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Alors que « le Maroc continue de construire des barrages et des usines de dessalement », l’Espagne « ne fait rien », explique à El Economista Antonio Luque, président de Dcoop, la plus grande coopérative agroalimentaire d’Espagne, leader mondial dans la production d’huile et également présente dans le secteur du vin, des céréales ou des fruits secs. « Nous avons besoin d’être entendus et qu’un plan hydrologique soit mis en place en Espagne, sinon nous perdrons notre position de leader », prévient le responsable.
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Actuellement, l’Espagne ne dispose pas d’un plan national de l’eau, et n’envisage pas de mettre en œuvre un projet de construction de barrage. Depuis la suspension du transfert de l’Èbre en 2004 par le gouvernement Zapatero, les usines de dessalement ont été priorisées. Un plan de construction de 32 usines a été promu, dont 11 sont déjà en service. Au total, l’Espagne compte déjà 100 usines d’une capacité de plus de 10 000 mètres cubes par jour, ce qui ne permet pas de couvrir les besoins des agriculteurs et des éleveurs. L’e gouvernement espagnol a prévu un investissement de 22,844 milliards entre 2022 et 2027, dont 40 % seront consacrés à l’assainissement et à la purification, et 30 % à l’irrigation.