Le Maroc sort l’artillerie lourde avec 5,5 milliards d’euros pour éviter la soif en 2026
Le Maroc refuse de céder face à la pire sécheresse de son histoire. Pour contrer un déficit hydrique qui menace de s’aggraver, le Royaume débloque une enveloppe record de 5,5 milliards d’euros dès l’année prochaine, misant sur une stratégie de survie où le dessalement de l’eau de mer deviendra la nouvelle norme.
L’urgence est absolue. Depuis six ans, le pays traverse une aridité sans précédent, avec des barrages remplis à moins de 30 %. Les prévisions climatiques noircissent encore le tableau, anticipant une chute de 65 % des pluies d’ici la fin du siècle. Ce scénario catastrophe met en péril l’agriculture, pilier de l’économie qui consomme 80 % des ressources, et a déjà provoqué une flambée des prix alimentaires. Pour briser ce cycle, les autorités lancent une offensive majeure dans le cadre du Programme National d’Alimentation en Eau Potable et d’Irrigation (PNAEPI), le projet le plus ambitieux jamais conçu par le Royaume.
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L’année 2026 marquera un tournant décisif. Sur l’investissement total de 15,5 milliards d’euros prévu jusqu’en 2030, près d’un tiers sera injecté dès l’an prochain pour sécuriser l’approvisionnement. Le plan repose sur une transformation radicale : si les 153 grands barrages actuels seront renforcés pour atteindre 24 milliards de mètres cubes de capacité, c’est le dessalement qui change la donne. L’objectif est de produire 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an d’ici la fin de la décennie, couvrant ainsi plus de la moitié des besoins en eau potable.
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Cette révolution hydrique s’appuie sur la technologie et l’écologie. Treize nouvelles stations de dessalement viendront s’ajouter aux 17 déjà existantes, fonctionnant majoritairement aux énergies renouvelables sur le modèle de l’usine d’Agadir alimentée par l’éolien. En parallèle, le Maroc accélère la réutilisation des eaux usées et développe ses « autoroutes de l’eau », des canalisations géantes qui transportent déjà 500 millions de mètres cubes vers Rabat et Casablanca. Une course contre la montre vitale pour garantir la résilience du pays face à un climat de plus en plus hostile.