Maroc : les barrages sont pleins au Nord… mais la sécheresse guette encore le Sud
Les dernières pluies ont été salvatrices. Au 7 janvier 2026, les réserves en eau du Royaume affichent un taux de remplissage global de 44,8 %. Un chiffre qui n’avait plus été atteint depuis cinq ans et qui marque une rupture nette avec les années de sécheresse.
C’est une véritable bouffée d’oxygène pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable. Grâce aux précipitations soutenues depuis fin décembre, les barrages nationaux stockent désormais plus de 7,52 milliards de mètres cubes. La comparaison avec l’année précédente est spectaculaire : le volume a bondi de 57,3 % par rapport à janvier 2025, soit un gain de plus de 2,7 milliards de m³ en un an.
À lire : Bonne nouvelle, les barrages d’eau au Maroc commencent à se remplir
Cette dynamique positive devrait se poursuivre, la Direction générale de la météorologie (DGM) annonçant encore de la neige et du froid jusqu’à jeudi dans plusieurs provinces.
La carte hydrique montre une nette fracture Nord-Sud, bien que l’amélioration soit générale. Le bassin du Bouregreg, vital pour l’axe Rabat-Casablanca, affiche une forme olympique avec un taux de remplissage de 93,6 %. Son barrage principal, Sidi Med Ben Abdellah, est quasiment plein (99 %).
Dans le Nord, les bassins du Loukkos (62,6 %) et du Sebou (53,3 %) jouent leur rôle de château d’eau du pays. Plusieurs ouvrages, comme Oued El Makhazine, Chefchaouen ou Bouhouda, sont remplis à 100 %.
Autre bonne nouvelle : le bassin du Tensift (région de Marrakech) enregistre une nette amélioration avec un taux de 69,1 %.
À lire : Des coupures d’eau à Casablanca ?
Cependant, la vigilance reste de mise dans certaines régions stratégiques. Le bassin de l’Oum Er-Rbia, bien qu’en légère remontée, reste sous pression avec seulement 19 % de remplissage. De même, le Souss-Massa, malgré des barrages pleins comme Aoulouz, affiche un taux global de 48,7 %, rappelant que les tensions structurelles ne sont pas totalement effacées.