Quand le Sahara marocain était vert
Des scientifiques ont découvert des preuves concluantes d’un passé humide au sud du Maroc, révélant que le Sahara n’a pas toujours été un désert. Des pluies abondantes y ont entretenu un paysage verdoyant pendant des millénaires.
Des formations rocheuses dans des grottes du sud du Maroc ont livré les secrets de l’ancien climat de la région. Selon une étude publiée dans la revue Earth and Planetary Science Letters , cette zone aujourd’hui aride était autrefois un territoire humide et verdoyant alimenté par des pluies régulières.
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L’analyse a porté sur des stalagmites prélevées au sud de la chaîne de l’Atlas. Ces structures fonctionnent comme de véritables archives chimiques, conservant l’empreinte des précipitations millénaires. Les chercheurs ont utilisé des isotopes d’uranium et de thorium pour dater ces formations avec une précision inédite.
Les résultats indiquent une croissance continue des stalagmites entre 8 700 et 4 300 ans avant aujourd’hui. Le chercheur Sam Hollowood souligne le caractère peu invasif de la méthode, ayant nécessité des échantillons d’à peine 0,25 gramme pour reconstituer le climat préhistorique de toute une région marocaine.
Ces conditions favorables ont directement impacté les populations humaines. L’abondance d’eau et de pâturages a favorisé une nette augmentation des établissements néolithiques au sud de l’Atlas, permettant aux communautés d’éleveurs de s’étendre sur des territoires qui sont aujourd’hui devenus totalement arides.
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La chercheuse Julia Barrott explique que l’humidité provenait de « panaches tropicaux », de vastes masses nuageuses agissant comme des « rivières dans le ciel ». Ces formations atmosphériques ont réussi à transporter la vapeur d’eau depuis les lointaines régions tropicales jusque dans cette partie de l’Afrique du Nord.