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Séville : la Fondation des trois cultures accueille un Maroc en verve

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18 juillet 2003 - 09h21 - Culture

Ils ont parlé d’une seule et même voix. Sans se concerter, ils ont prononcé des mots qui reviennent à la même chose, des mots chargés d’une seule préoccupation autour de laquelle tout le reste s’articule : leur passion du pays bien-aimé, leur attachement au Maroc.
Du conseiller du Souverain, André Azoulay au ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah, au poète Mohammed Bennis, une même conviction de la modernité en cours au Maroc et de l’attachement à un regard dépouillé de présupposés et empreint de sympathie sur ce pays.

Un seul Maroc s’affiche, celui de gens à l’œuvre, soucieux d’aller de l’avant.
Ce fut l’esprit de cette semaine du Maroc à Séville. « De grâce, répéta Bennis aux poètes et écrivains venus l’écouter, faites-nous l’amitié de nous regarder comme nous sommes, analysez-nous comme vous analysez les Allemands en Allemagne ou les Français en France ».
A Séville, les Marocains ont tenu un langage de vérité et de franchise. Ils l’ont fait sans complexe aucun et sans se prévaloir d’une quelconque immunité, spécificité ou indulgence. A preuve cette société marocaine dynamique continuellement en mouvement.

A preuve aussi tous les efforts déployés dans divers secteurs, droits de l’Homme compris, en vue de mettre en place les bases indispensables au progrès économique et social.

Les uns et les autres l’ont dit, sans jamais occulter un quotidien souvent difficile : le Maroc a certes des problèmes et rencontre de multiples difficultés. Comment peut-il en être autrement avec la croissance des besoins auxquels il faut faire face. Le Maroc souffre d’un déficit d’appui de la part même de ses amis et voisins. Le projet euro-méditerranéen dont le pays attendait beaucoup n’a pas de supporters sérieux et déterminés en Europe. La volonté politique se montre timide sous cet angle. André Azoulay a d’ailleurs beaucoup insisté sur le rôle déterminant que l’Espagne pourrait jouer à ce niveau.

L’Andalousie comme espace de communication

L’Espagne et le Maroc se doivent, en raison de leurs liens de proximité, aller la main dans la main. Les entrepreneurs espagnols ont donné une leçon qui est celle de la raison, car malgré les moments difficiles que connurent les relations entre les deux pays, l’investissement n’a pas faibli mais au contraire augmenté. C’est dire combien l’appel du Maroc à l’Espagne est important et convaincant. Mais André Azoulay est allé plus loin : le Maroc est un pays ouvert et décidé à une collaboration étroite en matière économique, c’est l’Espagne qui fait preuve de frilosité. Au vu de l’immense héritage commun elle doit accompagner le Maroc de façon beaucoup plus forte.

L’Andalousie est alors indiquée à être cet espace de communication permanent pour renforcer ce partenariat. Le Conseiller du Souverain ajoute que dans bien des secteurs le Maroc et l’Andalousie pourraient prétendre à un leadership mondial, notamment pour la pêche et le tourisme. Le Maroc offre en effet un espace où l’effort d’investissement espagnol peut se déployer naturellement notamment dans le domaine du tourisme où la pression se fait de plus en plus forte sur les plages espagnoles. Mais cela suppose une disposition à mieux connaître l’Autre, ce que le Maroc pour sa part fait déjà.

Non, le Maroc n’est pas un pays fermé. Il est ainsi disposé envers toutes les initiatives qui peuvent consolider son tissu économique. C’est un pays ouvert au dialogue, il ne se fait intransigeant que lorsqu’il s’agit de son intégrité territoriale ou de l’atteinte à ses valeurs sacrées. C’est sur cette base qu’est intervenu aussi le ministre de la Communication réaffirmant l’attachement du Maroc à la liberté d’opinion et insistant sur la détermination du gouvernement à défendre cette liberté et à la protéger. Interrogé sur l’emprisonnement de Ali Lamrabet, N. Benabdallah a répondu que « C’était une méprise d’en faire l’arbre qui cache la forêt » . « Le jugement dans cette affaire est entièrement conforme aux lois votées par un Parlement librement élu au Maroc, c’est-à-dire dans un pays souverain », a-t-il dit en substance.

La semaine du Maroc est aussi celle de l’ouïe et du goût. Les Gnawa au Pavillon Hassan II et dans la rue ont fait vibrer l’auditoire. L’ensemble Ahmed dirigé par Ahmed Piro accompagné par Françoise Atlan a enchanté le public avec des refrains des trois cultures alors que les cuisiniers marocains du Golf Palmeraie Palace ont ravi les palais. Le Maroc se découvre aussi autour d’une table.

N. Rerhaye pour Lematin.ma

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