Une société marocaine obtient 110 millions d’euros : elle va jusqu’aux États-Unis pour les récupérer

- 11h00 - Monde - Ecrit par : L.A

Une entreprise de Casablanca a lancé une procédure à Washington pour obtenir le paiement d’une sentence arbitrale de près de 110 millions d’euros contre la Guinée équatoriale. À l’origine de cette bataille internationale : deux programmes de logements sociaux.

Deux projets immobiliers ont débouché sur un bras de fer à neuf chiffres. Selon Global Arbitration Review, les opérations de logements sociaux confiées à Urbajet en Guinée équatoriale ont été marquées par des retards et des défauts de paiement.

L’entreprise marocaine a porté le différend devant un tribunal arbitral de la Chambre de commerce internationale (CCI). La procédure, engagée en 2022, a abouti à une sentence rendue le 21 novembre 2025, d’une valeur avoisinant 110 millions d’euros.

Le 20 octobre 2026, Urbajet est passée à l’offensive aux États-Unis. Ses avocats ont déposé une demande d’exécution de la sentence devant le tribunal fédéral du district de Columbia, à Washington. L’affaire porte le numéro 1:26-cv-03663.

À Malabo, des logements laissés à l’abandon

Cette bataille financière intervient après une inspection remarquée en Guinée équatoriale. Le 3 décembre 2025, le Premier ministre Manuel Osa Nsue s’est rendu dans l’urbanisation Urbajet à Malabo. Le compte rendu du gouvernement décrivait des maisons inachevées, des rues gagnées par la végétation et des immeubles déjà dégradés.

Les autorités équato-guinéennes avaient alors ordonné le nettoyage du site et demandé un rapport technique sur l’état des bâtiments. Une partie des logements était achevée, tandis que d’autres constructions restaient à terminer.

À Washington, la demande d’Urbajet a été déposée avec plusieurs pièces justificatives. Trois avocats figurent déjà au dossier fédéral. L’entreprise cherche désormais à faire reconnaître et exécuter aux États-Unis la sentence obtenue contre la Guinée équatoriale.