Tourisme de masse au Maroc : Chefchaouen saturée et victime de sa célébrité sur internet
Propulsée par les réseaux sociaux, Chefchaouen voit ses venelles bleues envahies de visiteurs. Comme d’autres destinations internationales, la ville marocaine subit de plein fouet la viralité numérique, devenue la nouvelle boussole des vacanciers pour planifier leurs congés.
Les célèbres artères azur de la cité nichée dans le Rif intègrent désormais les classements des zones dégradées par leur surexposition en ligne. Ce phénomène frappe également le petit port albanais de Ksamil ou les falaises normandes d’Étretat, tous pris d’assaut après la diffusion massive de vidéos courtes. Selon un article publié par RFI, près de la moitié des jeunes adultes délaissent aujourd’hui les moteurs de recherche classiques au profit des applications sociales pour choisir leur future destination, avec une explosion spectaculaire des requêtes liées au tourisme.
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Cette fièvre s’explique par un changement radical dans la confiance accordée aux prescripteurs de voyages. « La recommandation par les pairs est plus crédible », analyse la sociologue Saskia Cousin, soulignant que les internautes préfèrent suivre les conseils de créateurs perçus comme des proches plutôt que ceux de professionnels du secteur. Des États comme la Grèce ou Madagascar, tout comme de grandes compagnies aériennes, exploitent d’ailleurs ce filon en rémunérant des influenceurs pour vanter leurs paysages. Les algorithmes se chargent ensuite de concentrer toute l’attention sur des points géographiques extrêmement précis, provoquant des vagues d’arrivées simultanées.
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Face à cet afflux soudain, les dégâts matériels et sociaux s’accumulent rapidement sur place. Les loyers explosent à Palma de Majorque, tandis que l’île de Bali fait face à une violente pression immobilière. Pour tenter d’endiguer ces marées humaines, plusieurs municipalités ripostent par des mesures strictes. Dubrovnik proscrit l’usage des bagages sur roulettes dans ses ruelles et Venise impose un ticket d’entrée payant à la journée. Symbole ultime de ce tourisme désormais entièrement dicté par les écrans de smartphones, la capitale française a définitivement baissé le rideau de son tout dernier office d’accueil physique au début de l’année 2025.