Trafic de données policières en France : un réseau piloté depuis le Maroc condamné
Le tribunal de Béziers a lourdement condamné deux gendarmes et trois garagistes pour un vaste trafic de données policières. Ce réseau frauduleux de blanchiment de véhicules était secrètement orchestré par un escroc basé au Maroc.
Au cœur de ce scandale de corruption se trouve un commanditaire installé au Maroc. Comme le révèle l’enquête rapportée par Midi Libre, cet individu utilisait le réseau social Snapchat pour proposer ses services illégaux. Il s’appuyait sur un garagiste héraultais et des militaires complaisants pour lever informatiquement les immobilisations de voitures ou trafiquer des cartes grises, facilitant ainsi leur revente rapide sur le marché.
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La supercherie a été découverte en août 2025, lorsque l’inspection interne de la gendarmerie a détecté des consultations massives et anormales des fichiers d’immatriculation et des antécédents judiciaires. Les écoutes téléphoniques ont rapidement confondu le principal sous-officier impliqué, qui aurait empoché environ 20 000 euros en monnayant ses accès. À la barre, il a fini par avouer l’ampleur de ses actes : « Je reconnais le volume […], c’était très conséquent ».
Pour ces faits de corruption, la justice a frappé fort ce vendredi 17 avril. Le principal accusé a écopé de trente mois de prison, dont dix-huit avec sursis, tandis que son collègue a été condamné à dix-huit mois, dont un an avec sursis sous bracelet électronique. Ces deux militaires sont désormais définitivement exclus de la profession. Les trois employés du garage écopent quant à eux de peines allant de neuf à trente mois de détention.
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Ces manipulations frauduleuses ont eu de graves répercussions sur la sécurité publique. En effaçant virtuellement le passif de ces voitures, le réseau a indirectement alimenté les circuits de la pègre. Le procureur de la République, Arnaud Faugère, a d’ailleurs fustigé l’irresponsabilité des accusés, rappelant avec fermeté que ces automobiles blanchies « circulent en toute immunité, pour des braquages, de la criminalité organisée ».