Il travaillait sur les particules au CERN, aujourd’hui ce Marocain chante au Casino de Paris
Docteur en physique nucléaire, Nacim Haddad a quitté les laboratoires du CERN pour devenir chanteur de musique populaire marocaine. Neuf ans après sa reconversion, il se produit ce mercredi à Paris, puis samedi à Marseille.
Ce mercredi 4 novembre, Nacim Haddad est attendu à 20 heures sur la scène du Casino de Paris. Le chanteur marocain y présente son « Ayta World Tour », après être passé par plusieurs grandes salles françaises. Un parcours étonnant pour cet ancien chercheur qui travaillait sur les accélérateurs et les détecteurs de particules au CERN, près de Genève, avant de tout quitter pour la musique.
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Né à Rabat et originaire de Bejaâd, Nacim Haddad avait pourtant suivi un parcours scientifique jusqu’au doctorat en physique nucléaire. En 2017, après plusieurs années consacrées à la recherche, il décide de rentrer au Maroc pour vivre de sa passion pour le chant populaire. « J’ai voulu aller plus loin et ne pas en faire seulement un hobby mais me lancer dans une carrière professionnelle », expliquait-il dans un entretien accordé à La Vie éco.
Sa décision reçoit le soutien de ses parents et de son épouse, elle-même docteure et chercheuse en physique nucléaire. La musique l’accompagne depuis l’adolescence, lorsqu’il chantait au sein d’un groupe interprétant des répertoires ghiwanis, gnaouis et aïssaouis. Même pendant ses études, il donnait des conférences sur l’aïta et le patrimoine musical marocain.
Les chansons de ses tantes deviennent son répertoire
Pour construire ses propres chansons, Nacim Haddad retourne aux traditions de Bejaâd, la ville d’origine de sa famille. Il interroge notamment ses tantes paternelles pour retrouver les chants interprétés autrefois lors des fêtes et des réunions familiales. Ces souvenirs nourrissent ses compositions inspirées du Tadraze, un répertoire musical local, ainsi que ses reprises d’anciennes chansons populaires.
En 2018, il publie son premier album, « Rouba3yiates Ghinae El Chaabi ». Il poursuit ensuite ses recherches sur les musiques traditionnelles et réalise des documentaires pour Al Jazeera Documentary Channel et d’autres chaînes arabes. Il anime également « Jmaâtna Zina », une émission de variétés sur Al Aoula, consacrée notamment au patrimoine chaâbi.
Sa nouvelle carrière le conduit progressivement sur des scènes internationales. En France, il se produit aux Folies Bergère en octobre 2024, au Grand Rex en avril 2025, puis au Dôme de Paris en mai 2026. Son spectacle associe les chants traditionnels de l’aïta à des arrangements et à une mise en scène contemporains.
Après le Casino de Paris ce mercredi, Nacim Haddad poursuivra sa tournée le samedi 7 novembre au Cepac Silo de Marseille. Le programme officiel de son « Ayta World Tour » annonce les deux représentations à 20 heures. Sur scène, il fait aujourd’hui découvrir au public français une partie des chants qu’il allait autrefois recueillir auprès des femmes de sa famille à Bejaâd.