Trente mille chauffeurs manquants : l’Espagne ouvre grand la porte aux Marocains
L’Espagne fait face à un déficit critique de 30 000 chauffeurs routiers. Pour enrayer cette crise, les autorités facilitent l’arrivée de conducteurs étrangers, notamment marocains. Une démarche vivement critiquée par les professionnels locaux qui pointent un manque de préparation.
Il y a un peu plus d’un an, une décision administrative a mis le feu aux poudres. La simplification des démarches en ligne pour valider les permis de conduire des chauffeurs étrangers, en particulier ceux venus du Maroc, a provoqué l’ire du secteur. Les professionnels espagnols estiment que ces nouvelles recrues n’ont pas l’expérience requise pour affronter les routes du pays en toute sécurité, dénonçant une arrivée précipitée sur le marché.
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Cette mesure tente de combler un manque abyssal de conducteurs sur le territoire, une crise qui frappe d’ailleurs toute l’Europe. Lors d’une récente intervention relayée par El Debate, Pere Navarro a confirmé que des routiers marocains et turcs, ainsi que des travailleurs latino-américains, arrivaient déjà en renfort. Conscient de la précarité de ce métier, où les repas et les nuits se passent quotidiennement sur le bitume, il milite pour une revalorisation salariale immédiate : « Qu’on les paie plus, un point c’est tout ».
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Pour redorer l’image de ce secteur en pleine rénovation, Pere Navarro a même suggéré la création d’une série télévisée, sur le modèle des fictions médicales, afin d’illustrer la dure réalité de ces travailleurs. Sur le terrain, les revendications restent très pragmatiques. Les transporteurs, qui agitent régulièrement la menace de mobilisations, négocient actuellement les modalités de leurs préretraites et exigent que leur activité soit enfin reconnue comme une profession à risque.