33 000 voitures volées en Espagne : Pourquoi le marché marocain raffole des modèles « classiques »
En 2025, plus de 33 000 automobilistes espagnols ont été victimes de vols de voitures, un trafic alimenté par des commandes spécifiques venues du Maroc. Les réseaux criminels privilégient les modèles courants, moins technologiques, pour alimenter le marché clandestin marocain.
En 2025, l’Espagne a enregistré 33 032 vols de véhicules, une criminalité organisée qui sème l’insécurité en Catalogne, à Madrid et en Andalousie. Pour de nombreuses victimes, le constat est amer : « Les gens me disent de me résigner, que ma voiture roule probablement déjà au Maroc. La plupart de ce qu’ils volent part là-bas », confie une victime à El Español.
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Selon les experts en récupération, ces délits répondent à trois objectifs : le désossage pour les pièces détachées, l’utilisation pour d’autres crimes ou l’exportation. Dans ce dernier cas, la destination est souvent déterminée par le modèle. « Au Maroc, ils préfèrent les voitures qui n’ont pas autant de technologie et qui ne sont pas aussi récentes », explique Miguel Ángel Plaza, gérant de World Cars.
Les réseaux criminels travaillent souvent sur « commande » spécifique depuis le Maroc, ciblant des modèles populaires comme la Seat León. Ces véhicules sont prisés car ils ne nécessitent pas d’avancées technologiques complexes pour l’entretien, contrairement aux modèles haut de gamme qui sont généralement redirigés vers l’Europe de l’Est.
Des vols sur commande pour le marché marocain
Le mode opératoire est rapide, dépassant rarement cinq minutes grâce à l’usage fréquent de doubles de clés. Une technique courante consiste à faire « dormir » le véhicule pendant deux ou trois jours dans un lieu isolé pour vérifier s’il est équipé d’un traceur GPS avant de l’acheminer vers des hangars clandestins ou des ports d’embarquement.
Le timing des vols, majoritairement nocturnes, offre une marge de manœuvre considérable aux délinquants. Entre le moment du délit et la plainte déposée au matin, les voitures sont souvent déjà cachées ou en transit. Cette efficacité explique pourquoi les zones proches des axes logistiques majeurs sont les plus durement touchées par ce fléau.
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Actuellement, 60 % des victimes ne retrouvent jamais leur bien. Si le taux de récupération atteint 40 %, il chute drastiquement après les cinq premiers jours. Une fois franchies les frontières vers le Maroc ou les pays de l’Est, les obstacles juridiques rendent toute restitution quasiment impossible pour les propriétaires lésés, malgré l’identification parfois précise de la localisation du véhicule.