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«  Wiqaytna  » : les Marocains entre méconnaissance et inquiétudes

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16 juillet 2020 - 06h00 - Société

L’application de notification d’exposition au Covid-19, «  Wiqaytna  » a seulement mobilisé deux millions de Marocains. Et pour cause.

«  Au Maroc, les citoyens sont confrontés au processus d’adoption et à la méconnaissance par le grand public de l’arsenal juridique en la matière  », explique Soumia Guennoun, enseignante-chercheure à l’Université euromed de Fès (UEMF), également chercheure associée au Research Institute for European Mediterranean and African Studies (RIEMAS).

Elle explique que deux éléments majeurs entament l’adoption de «  Wiqaytna  ». Il s’agit de la confiance et de la flexibilité. Elle évoque également l’arsenal juridique marocain qui ne garantit pas assez le respect de la vie privée et des comportements malveillants. «  Ces aspects sont peu connus du grand public. Or, l’aspect juridique y afférant peut-être utilement scruté pour dissiper les inquiétudes et pousser les citoyens à l’adoption de cette application très utile dans le contexte actuel  », estime l’enseignante-chercheure. Les controverses liées à l’anonymisation absolue rendent vulnérable l’application «  Wiqaytna  », fait remarquer L’Économiste.

Le téléchargement de l’application s’effectue sur «  Google Play  » ou «  App Store  » où les données personnelles de l’utilisateur sont stockées. «  Ici, la crainte concerne les recoupements des données en vue d’identifier les utilisateurs. Pour contrecarrer d’éventuels abus, la loi 09-08 conditionne le traitement des données à caractère personnel par le consentement indubitable de la personne concernée à l’opération ou l’ensemble des opérations envisagées  », souligne Dr Guennoun. «  Au sens de l’article 4 de cette loi, ce consentement ne peut être écarté que pour des raisons limitativement énumérées, venant constituer d’éventuelles bases légales de traitement  », poursuit-elle.

La chercheure Soumia Guennoun indiquera par ailleurs que bien que le motif d’intérêt public dans le domaine de la santé soit subordonné au sens de l’article 21 de la loi 09-08, en l’absence d’une loi spécifique, à l’autorisation de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), «  Wiqaytna  » «  traite des données sensibles que sont les données de santé.  » «  Ici, apparaît le deuxième volet relatif à la proportionnalité au vu des finalités sanitaires du traitement. Il s’agit alors de trouver un équilibre entre santé et libertés individuelles  », conclut-elle.

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